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La symbolique des arbres partie 2

Dernière mise à jour : 13 août 2023






Le Pin parasol:




Étymologie :


Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 114) ; ca 1200 pume de pin (Beuve de Hanstone, I, 674 ds T.-L.) ; 2. 1680 pin maritime (Rich.) ; 3. 1845 pin sylvestre (Besch.). Du lat. pinus, de même sens que le fr. Autres noms : Pinus sylvestris ; Pin de Riga ; Pin du Nord ; Pin sylvestre ; Botanique: Selon Stefano Mancuso et Alessandra Viola , auteurs de L'Intelligence des plantes (édition originale 2013 ; Traduction française Albin Michel, 2018), "De manière générale, les arbres n'ont rien de timide et n’hésitent pas à entrelacer en parfaite liberté leurs propres frondaisons avec celles des autres. Toutefois, ceux qui appartiennent à des familles comme les Fagaceae, les Pinaceae ou les Mirtaceae pour ne citer que quelques-unes des plus communes, se montrent plutôt réservés et n'apprécient pas du tout ces frôlements inconvenants. Si vous pénétrez dans une pinède et que vous levez les yeux, vous remarquerez ainsi qu'en dépit de leur proximité, les pins font le nécessaire pour que leurs cimes ne se touchent jamais : ils laissent toujours un petit intervalle libre entre leurs aiguilles et celles de leurs voisins, de manière à éviter un contact dont on peut imaginer qu'il leur serait désagréable. Bien que l'on ignore toujours les raisons et les modalités précises de ce phénomène, il implique à l'évidence une forme ou une autre de communication permettant aux frondaisons de signaler leur présence et de parvenir à un accord sur une répartition de l'air et de la lumière susceptible d'éviter les conflits." Vertus médicinales : Dans "Ethnobotanique abénakise". (In : Archives du Folklore, 1947, vol. 11, pp. 145-182), Jacques Rousseau rapporte l'usage suivant : PINUS STROBUS. (Pin blanc), kobah'dié. La décoction d'écorce de pi n blanc (partie blanche seulement) et <¥ épinette rouge (Larix laricina) s'emploie contre la toux. Paquette se sert également des noms français pin blanc et épinette rouge. La partie blanche de l'écorce interne est en réalité le liber. Les Tête-de-Boule de Manouan utilisent également contre le rhume le liber de pin blanc en emplâtre. La matière médicale admet la gomme de pin blanc pour la fabrication de potions contre la toux. Le nom abénaki du pin est à l'origine de plusieurs noms géographiques, notamment Cohasset, Cohoes, Coaticook. (Voir Laurent et Masta). Usages traditionnels : Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) : L'eau de boisson dans cetaines montagnes est aromatisée avec les cônes du pin sylvestre, arola blanste ; on lui conserve sa fraîcheur en la mettant dans les seaux de mélèze, Larix europoea, placés sur des torches en paille de seigle. L'eau est d'autant plus fraîche que la torche est plus grosse et plus humide. Symbolisme : Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du pin : PIN - HARDIESSE: Cet arbre dédaigne les paisibles vergers ; il aime à baigner sa tête dans la rosée des nuages et à voir son feuillage sans cesse battu par les vents, et lorsqu'on l'a dépouillé de ses branches, il vogue sur les vagues agitées de l'Océan , pour y braver encore les tempêtes. A cause de sa hauteur prodigieuse, le pin semble aimer à perdre sa tête dans les nuages et à braver les orages. Les pins aiment les terres arides et montagneuses où ils avoisinent les cieux. Quoi de plus romantique et de plus solitaire qu'une forêt de pins ? A la voix du Tout-Puissant, les végétaux parurent avec les organes propres à recueillir les bénédictions du ciel. Les pins recueillirent les vapeurs qui flottent dans l'air avec leurs folioles disposées en pinceaux. Depuis le cèdre du Liban jusqu'à la violette qui borde les bocages, il n'y eut aucune plante qui ne tendit sa large coupe, ou sa petite tasse, suivant ses besoins ou son poste. —On emploie les copeaux de tous les pins à faire des flambeaux, en choisissant ceux qui contiennent le plus de résine. Les anciens donnaient le nom de tœuda, flambeau, à toute espèce de pin qui pouvait servir à éclairer. Tout le inonde connaît l'usage de la chandelle de résine. DES PINS: On distingue plusieurs espèces de pins dont les principales sont le Pin Sylvestre, le Pin maritime et le Pin pinier. Le pin sylvestre est un arbre qui s'élève à la hauteur de 25 à 30 mètres lorsqu'il se trouve dans un sol et sous un climat favorables. Son tronc est nu, droit et rameux à son sommet. Il forme dans une grande partie de la France, de vastes forêts, surtout dans les hautes montagnes. Il croit également en Suisse, en Allemagne, en Suède, en Norvege et jusque dans la Laponie. Dans le nord de l'Europe, cet arbre est très précieux ; on en construit des maisons, on en fait des meubles, des traineaux, des torches pour s'éclairer pendant la nuit. On retire de la poix du tronc et des racines en déchirant l'écorce et les lames du liber servent pour des tapis. — Linné dit que cet arbre abonde en Laponie, qu'il parvient à une hauteur prodigieuse, qu'il vit quatre cents ans et que son bois est d'une très grande force. Dans le Nord, les enfants mangent au printemps cette écorce qu'ils détachent de l'arbre avec le couteau. Les Lapons font avec cette écorce une sorte de pain dont ils se nourrissent. Pour cela ils choisissent les pins très élevés et dégarnis de branches, parce que ceux qui sont petits et rameux contiennent trop de résine. Ils enlèvent, dans le temps de la sève, l'écorce du tronc, dont ils ne conservent que les lames intérieures ; ils les mettent sécher à l'ombre, les coupent en morceaux, les broient sous la meule et les réduisent en une sorte de farine qu'ils délayent dans l'eau. Avec cette farine ainsi délayée, ils font des galettes fort minces qui, séchées au four, peuvent se conserver pendant un an. Le pin nouveau ou de Bordeaux s'élève à 30 mètres de hauteur sur un tronc droit, revêtu d'une écorce lisse, grisâtre, un peu rouge sur les jeunes pousses. Il est précieux pour porter la fertilité dans les terrains stériles et sablonneux des rivages de la mer ; il s'oppose à l'impétuosité des vents et fixe la mobilité du sable. Son bois est excellent pour un grand nombre d'usages. Il fournit comme d'autres, de la résine, du brai, du goudron, de la térébenthine, du noir de fumée, etc. Il croit dans les terrains sablonneux des provinces méridionales ; il abonde aux deux extrémités de la chaîne des Pyrénées et dans les landes de Bordeaux où on l'appelle Pignada. Le pin pinier est un arbre touffu et d'un beau feuillage qui croit en Italie, en Espagne, et dans nos départements méridionaux. Son tronc droit, élevé, se divise à sa partie supérieure en beaucoup de branches étalées formant une belle tête : les cônes sont gros, arrondis, ou pyramidaux et rougeâtres, renfermant des amandes huileuses, d'une saveur douce comme des noisettes. Les amandes qu'on appelle pignons sont blanches, douces, et très nourrissantes. On les mange dans les pays méridionaux crues ou rôties. On les confit au sucre et on les mêle avec d'autres confitures. On en fait des dragées, des pralines, des crèmes, des émulsions pectorales et adoucissantes. Les meilleurs pignons nous viennent de la Provence, du Languedoc et de la Catalogne. On en retire par expression une huile très agréable au goût et aussi douce que celle qu'on obtient des amandes. Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie : Cet arbre aime à dominer ses compagnons, il brave les tempêtes et se plaît sur les cimes des montagnes. On tire une excellente résine du pin et son bois est très recherché pour les constructions navales. Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982), "Le pin est très généralement, en Extrême-Orient, un symbole d'immortalité, ce qu'expliquent à la fois la persistance u feuillage et l'incorruptibilité de la résine. Les Immortels taoïstes se nourrissent des graines, des aiguilles et de la résine. Cette nourriture les dispense de toute autre, elle rend le corps léger et capable de voler. La résine de pin, si elle s'écoule le long du tronc et pénètre dans le sol, produit, au bout de mille ans, une sorte de champignon merveilleux, le fou-ling, qui procure lui-même l'immortalité. Les fleurs des pins du Ciel de la Pureté de Jade donnent l'éclat de l'or à qui les mange (Maspéro). C'est un symbolisme de même nature qui fait choisir, au Japon, le pin et le binoki (cyprès) pour la construction des temples de Shintô et la confection des instruments rituels. Même idée encore : dans les sociétés secrètes chinoises, le pin (associé au cyprès) est figuré à la porte de la Cité des Saules, ou du Cercle du ciel et de la terre, séjours d'immortalité. Près des autels de la Terre, rapporte Confucius, les Hia plantaient des pins et les Yin des cyprès . Le pin apparaît, dans l'art, comme un symbole de puissance vitale ; dans la vie courante japonaise, comme un signe de bon augure ; dans la littérature, par la suite d'un calembour, il évoque l'attente. Deux pins rappellent la légende de Takasago et symbolisent l'amour, la fidélité conjugale. Dans l'iconographie occidentale, la pomme de pin est parfois figurée entre deux coqs qui se la disputent, ce qu'on ne peut manquer de rapprocher des deux dragons se disputant la perle : c'est le symbole de la vérité manifestée. En Chine, le pin se trouve souvent associé aux autres symboles de longévité ; il forme une triade avec le champignon et la grue, ou bien avec le bambou et le prunier. Les Chinois, pour qui le bonheur suprême est de vivre longtemps, se figurent peut-être qu'en associant ces symboles leur pouvoir en sera d'autant plus renforcé. Pour eux, argent, honneurs, amour, enfants, ne se conçoivent comme vraiment agréables que s'ils sont assurés d'avoir le temps pour en profiter. Au Japon, le pin (matsu) est encore le symbole d'une force inébranlable forgée tout au long d'une vie de difficiles combats quotidiens ; symbole aussi des hommes qui ont su conserver intactes leurs pensées, malgré les critiques qui les entouraient, parce que le pin lui-même sort vainqueur des assauts du vent et de la tempête. Durant la semaine des fêtes du Nouvel An, les Japonais placent de chaque côté de l'entrée de leur maison deux pins, sensiblement de la même grandeur. C'est une tradition shintoïste qui veut que les divinités (Kami) vivent dans les branches des arbres. Le pin étant un arbre à feuillage permanent a été préféré à tous les autres. Ils sont ainsi placés à l'entrée de la maison pour y attirer les kami et leurs bienfaits. Ils sont souvent entourés d'un shimenawa. Il y a une poésie japonaise très connue là-bas, drôle et ironique, sur ces pins jumeaux : La pomme de pin est souvent tenue à la main par Dionysos, comme un sceptre : elle exprime, comme le lierre, la permanence de la vie végétative ; elle y ajoute cette nuance : une sorte de supériorité du dieu sur la nature considérée dans ses forces élémentaires et enivrantes. Elle représente l'exaltation de la puissance vitale et la glorification de la fécondité. Les Orphiques vouaient à Dionysos un culte à mystères, selon lequel le dieu mourait dévoré par les Titans, puis ressuscitait : symbole de l'éternel retour de la végétation, et en général de la vie. A Delphes, aussi, il apparaissait durant trois mois, régnant sur le sanctuaire, et disparaissait le reste de l'année. Les historiens y vient un mythe de religion agraire. Le pin était aussi consacré à Cybèle, déesse de la fécondité. Il serait la métamorphose d'une nymphe, que le dieu Pan aurait aimée. La pomme de pin symbolise cette immortalité de la vie végétative et animale. Le culte de Cybèle à Rome, ce grand drame mystique (Franz Cumont), qui n'est pas sans rappeler les cérémonies du culte isiaque, mettait en effet le pin à l'honneur : un pin était abattu et transporté dans le temple du Palatin par une confrérie qui devait à cette fonction son nom de dendrophores (porte-arbres). Ce pion, enveloppé, comme un cadavre, de bandelettes de laine et enguirlandé de violettes, figurait Attis mort (l'époux de la déesse) : celui-ci n'était primitivement que l'esprit des plantes et un très ancien rite des campagnards phrygiens se perpétuait, à coté du palais des Césars, dans les honneurs rendus à cet arbre de mars. Le lendemain était un jour de tristesse où les fidèles jeûnaient et se lamentaient auprès du corps du dieu... Veillée mystérieuse... résurrection attendue... On passait alors brusquement des cris de désespoir à une jubilation délirante... Avec le renouveau de la nature, Attis s'éveillait de son long sommeil de mort et, en des réjouissances déréglées, des mascarades pétulantes, des banquets plantureux, on donnait libre cours à la joie provoquée par un retour à la vie. Le pin symbolisait le corps du dieu mort et ressuscité, image lui-même dans les cultes de Cybèle de l'alternance des saisons." Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Pin sylvestre (Pinus sylvestris) a les caractéristiques suivantes : Genre : Masculin Planète : Mars Élément : Air Divinités : Pan ; les Satyres Pouvoirs : Fécondité ; Guérison ; Bonheur ; Chance. On lit dans le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle de 1836 : « Les forêts situées dans le département des Basses-Pyrénées, et sur divers autres points de la chaîne de ces montagnes, renferment des Pins d'une grosseur vraiment extraordinaire. Ces arbres, dont les uns sont cannelés comme des piliers gothiques, les autres décomposés à l'intérieur, servent de cabanes aux pâtres et autres ouvriers qui s'y abritent contre la pluie et les tempêtes. Tous ne sont rien cependant auprès des tiges privilégiées que l'on admira durant plusieurs siècles aux îles Canaries et qui, vues de loin, avaient l'apparence de navires flottants. Il en existait encore un en 1684, à Tiéror, ayant 10 m de diamètre à la base, dont la végétation première était de beaucoup antérieure à l'année 1483 ; aujourd'hui, le Pin del Paso, que l'on vénère à l'île de Palma, est le seul de la même époque qui conserve toujours une vigueur vraiment surprenante. » Les forêts du mont Ida (montagne de Crète qui joue un rôle dans de nombreuses légendes de la mythologie grecque) abritèrent la nymphe Œnone qui alla s'y cacher pour échapper aux poursuites de Pan ; mais le dieu cornu aux pieds de bouc s'enfonça à son tour dans les sous-bois profonds, et ses amis les Pins lui indiquèrent la caverne où se terrait la nymphe aux abois... Utilisation rituelle : Le centre du culte de Pan était en Arcadie où le petit dieu pastoral et lubrique avait plusieurs sanctuaires, les principaux étant ceux du mont Parthénion et de Mégalopolis. Des guirlandes d'aiguilles et de pommes de Pin décoraient ces temples. Les jours de fête, on faisait avancer en procession des tortues dont la carapace était recouverte de rameaux de Pin. Plus tard, on lui consacra une grotte au nord de l'Acropole, dite grotte de Pan ; l'intérieur était orné de Pin et de chêne, et tout autour circulaient des tortues. Dans les dionysiaques, Pan et ses amis les Satyres étaient souvent couronnés ou ceinturés de Pin. Utilisation magique : Les pommes de Pin ont partout la réputation de favoriser la fertilité, la fécondation. Les plus actives, assure-t-on, sont celles que l'on cueille à la Saint-Jean, quand les graines nichées sous les écailles commencent à mûrir. Les femmes mangent ces semences pour être enceintes ; les hommes pour accroître leur potentiel viril. Une très vieille tradition polonaise veut que les pignons d'une certaine variété de Pin (non précisée), mangés avant la bataille, rendent les guerriers invulnérables... Le Pin représentait pour les Assyriens l'emblème de la vie. Le même mythe se retrouve au Japon où cet arbre est symbolique. Etant toujours vert, il est l'image de la ténacité et de la vieillesse saine et vigoureuse. On recourait à ses aiguilles pour chasser les mauvais esprits. Quand ils recevaient des invités, les Japonais accrochaient au-dessus de leur porte d'entrée une branche chargée de cônes et d'aiguilles bien vertes ; ce rameau de Pin symbolisait la vie qui circule grâce aux relations humaines et à l'amitié. En Sardaigne, les aiguilles, accompagnées de leurs bourgeons résineux, sont brûlées sur des réchauds en fer non étamé pour renverser les sorts, pour retourner l'envoûtement à son envoyeur. Dans beaucoup d'îles grecques, c'est une infusion de bourgeons que l'on répand pour exorciser un local. La sciure de Pin aurait des vertus guérisseuses ; on en répand dans la chambre d'un malade, ou bien on la brûle avec diverses gommes-résines aromatiques. La sève est purificatrice ; on en extrait une essence que l'on ajoute à l'eau du bain, ou que l'on dilue à très petite dose dans une huile de massage (l'huile d'olive vierge convient parfaitement). Des rameaux bien chargés en aiguilles, mis dans la maison, sont toujours bénéfiques. En Autriche, on en faisait des croix qui étaient placées devant la cheminée. En Suisse, lorsque le bétail redescendait des alpages pour passer l'hiver dans la vallée, la première fois que les bêtes reprenaient contact avec leur étable, on les y faisait rentrer en marchant sur un lit d'aiguilles de Pin. En Vendée, les empreintes digitales de la Vierge sont imprimées sur les graines plates, larges, que l'on trouve dans certaines variétés de pommes de Pin. L'ambre jaune est, croit-on généralement, la résine fossilisée d'une espèce antédiluvienne de Pins - ce qui n'empêche nullement cette substance d'être un précipité des larmes qu'ont versées ces "arbres quand ils ont vu monter Jusqu'à leurs branches les eaux du déluge, incapables qu'ils étaient, ces malheureux, d'aller demander une place à bord de l'arche de Noé. Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) : "Voici ce que Pline l'Ancien écriait à propos du pin, au Ier siècle après Jésus-Christ : "... le plus admirable est le pin pignon : il porte un fruit mûrissant, un qui arrivera à maturité l'année suivant et un autre la troisième. Aucun arbre n'est plus avide de se prodiguer : le mois même où l'on cueille une pigne, une autre mûrit ; la répartition est telle qu'il ne se passe pas un mois sans qu'il en mûrisse." (Pline l'Ancien, Histoire naturelle). En lisant ces lignes, on comprend comment, dans l'esprit des grecs, la pomme de pin devint un symbole de fécondité, de reproduction, d'éternel retour de la vie, de renaissance perpétuelle. En Grèce, le pin était consacré à Attis, un héros dont la légende mythique est assez complexe. Selon elle, il aurait été aimé par son propre père, qui était un être hermaphrodite et le rendit fou. Sous son influence, il s'émascula et en mourut. Toutefois, des pins poussèrent au-dessus de sa tombe, et les pommes de ces arbres, se reproduisant sans cesse, symbolisèrent alors sa vie éternelle. Enfin, signalons qu'en Chine le pin est aussi considéré comme un facteur de vie éternelle. Ainsi, les moines taoïstes mâchent-ils des graines, des aiguilles et de la résine de pin en disant des prières, dans l'espoir de devenir immortels..." Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi Le Pin (Pinus) : "Il s'agit, bien entendu, du conifère que tout le monde connaît. Propriétés médicinales : Les propriétés médicinales du pin sont bien connues des Amérindiens de l'Amérique du Nord. On utilise son écorce interne en décoction pour soulager la congestion pulmonaire et comme expectorant. On s'en sert aussi dans les sirops contre la toux due au rhume et à la grippe. Les nouvelles aiguilles du pin ainsi que sa résine étaient utilisées comme infusion pour soulager les symptômes du rhume et de la grippe. On se servait également de la résine en cataplasme pour les plaies et les blessures. Genre : Masculin. Déités : Cybèle ; Vénus ; Dionysos ; Ashtart. Propriétés magiques : Guérison ; Protection ; Purification. Applications : SORTILÈGES ET SUPERSTITION La majorité des rituels de fertilité incluent de la résine ou des aiguilles de pin.

Au Japon, une branche de pin attachée à l'entrée de la maison garantissait l'harmonie et la paix.

Des aiguilles de pin saupoudrée sur le sol, avant de balayer, assurent que l'on balaie également les vibrations négatives.


RITUEL POUR ATTIRER LES BONS ESPRITS : Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle jaune

  • de l'encens de cèdre ou de pin

  • une petite branche de pin avec les aiguilles

Rituel : Allumez votre chandelle et votre encens. Prenez votre branche de pin et levez-la vers le ciel., puis passez-la au-dessus de la flamme et de la fumée d'encens en disant : J'invoque les esprits bénéfiques Afin qu'ils gardent ma demeure Et que tous en profitent. Attachez votre branche de pin au-dessus de la porte de derrière ou au-dessus de la fenêtre de la cuisine." Dans Vert, Histoire d'une couleur (Éditions du Seuil, 2013), Michel Pastoureau nous apprend que : "Tout verger est construit comme un espace symbolique, et [que] chaque plante qui s'y trouve possède sa signification propre. Celle des fleurs varie beaucoup selon les époques et les régions et prend en compte plusieurs particularités : la couleur, le parfum, le nombre de pétales, l'aspect des feuilles, les dimensions des unes et des autres, l'époque de la floraison, etc. Quelques idées peuvent néanmoins être dégagées pour le Moyen Âge central : Le lis est symbole de pureté et de chasteté, [...] De même, les arbres sont toujours signifiants. [...] Le pin [est l'arbre] de la hardiesse et de la droiture...." Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du pin : Nom botanique : Pinus spp. Propriétés énergétiques : Accroît la force émotionnelle et la confiance en soi ; élimine la négativité ; améliore la pratique de la méditation ; apporte la protection. Archanges correspondants : Michaël et Raziel. Chakras correspondants : Chakra du plexus solaire ; Chakra du cœur ; Chakra de la gorge. Propriétés curatives : Le pin est un arbre majestueux. Même si les pommes de pin ne sont techniquement pas des fleurs (elles contiennent les graines du pin), elles constituent de formidables talismans de protection. Déposez lès devant votre porte d'entrée, à l'extérieur, pour barrer la route aux énergies négatives. Par conséquent, els gens qui pénétreront chez vous accepteront le contrat spirituel de s'exprimer avec amour et de vous traiter avec respect. Si vous vous installez près d'un pin dans vos moments de vulnérabilité, il vous redonnera des forces et de l'assurance. Le pin bonsaï constitue un outil de méditation fantastique. Il possède toutes les qualités du pin et il peut en outre approfondir votre vie spirituelle. En sa présence, vous sentirez votre force grandir en vous/ Message du pin : « Je vous aide à prendre votre place et à garder la tête haute. Je maintiens votre équilibre émotionnel. N'adhérez jamais à la négativité des autres. Votre mantra deviendra : "Les mots en m'atteignent plus". Si des gens ressentent le besoin de vous agresser verbalement, sachez que leur comportement révèle un manque de confiance plus qu'une animosité à votre égard. Ne vous questionnez pas davantage sur l'opinion que les autres ont de vous et soyez pleinement satisfait de ce que vous êtes. Vous êtes merveilleux et bienveillant. Vous remarquerez rapidement une diminution des situations désagréables, car je vous protège des mauvaises vibrations et des paroles qui dégagent des énergies négatives. Tout ce que vous dites et entendez passe par un filtre d'amour, ce qui est bénéfique pour vous et pour ceux qui vous entourent. » Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits (Éditions Eyrolles, 2018) transcrit le message que lui inspirent les arbres : Mot-clé : Être en harmonie. Élément : Terre ; Eau ; Feu ; Air. Émotion : Peur ; Mélancolie ; Colère ; Tristesse. J'apporte harmonie et paix, je remotive votre esprit chagrin et renforce la joie de vivre. Je vous libère de ce qui vous pèse et dont vous ne parvenez pas à vous détacher. Je viens redonner du souffle en déposant paix et douceur sur votre cœur, clarté et courage, force et rectitude. J'ouvre vos yeux sur la pression permanente dans laquelle vous vivez. Cessez de ne regarder que les défauts, les travers, les manques. Vous n'avez pas à vous sentir coupable d'avoir commis fautes et erreurs, ce ne sont que des impressions fugaces. Reprenez courage et retrouvez le chemin de l'espérance. Respirez ce sentiment délicieux de liberté ! Apprends de ton passé : le Pin noir Comme les gens, les arbres s’épanouissent quand ils tirent des enseignements de leurs expériences passées. Pour un arbre, les grands vents représentent une grande difficulté, et plus encore s’il pousse sur la pente exposée comme le Pin noir. Et si vous êtes l’arbre en lisière de la forêt, le vent vous atteint de plein fouet. Les Pins qui poussent en bordure de forêt d’adaptent à cette attaque constante des vents hivernaux en modifiant leur croissance, et en développant un tronc plus solide et plus fuselé. Tiens bon : le Pin sylvestre Si on prend le temps d’apprendre à se connaître, on peut être aussi stoïque et sûr de soi que le Pin sylvestre (on a le droit de ne pas vouloir pour autant être exposé au vent des Highlands toute la journée). Cet arbre existe depuis au moins 10 000 ans, donc on peut estimer qu’il a eu le temps de réfléchir. Mais on ne peut qu’être inspiré par ce grand et puissant résineux qui a survécu à tout ce que les dix derniers millénaires lui ont fait subir. Mythes et légendes : D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882), PIN. — Arbre funéraire et phallique. Dans la forme de son fruit, on croyait reconnaître le membre viril. Nous avons déjà dit plusieurs fois que les arbres funéraires sont symboliques de l’immortalité, de la génération et de la vie éternelle. Le pin, comme le cyprès et le sapin, à cause de la solidité de leur bois et de leur feuillage toujours vert, figurait la perpétuité de la vie ; ce symbole semblait donc convenir aux cérémonies funéraires, chez les peuples qui croyaient à l’immortalité de l’âme. Pline (XVI, 10) dit : « Picea feralis arbor et funebri indicio ad postes posita. » En Russie, lorsqu’on porte le cercueil au cimetière, on le couvre de branches de pin ou de sapin ; Artémidore prétend que le pin vu en songe annonce la destruction. Le pin était aussi appelé l’arbre de Cybèle. On raconte que Cybèle, après la mort d’Atys, se réfugia sous un pin, dans lequel elle croyait que son bien-aimé s’était transformé : On avait demandé à Zeus la résurrection d’Atys changé en pin ; Zeus consentit seulement à ce que le pin fût toujours vert. La pomme de pin se voit souvent dans les mains d’Asclépios. Une inscription votive trouvée dans le temple de ce dieu nous apprend qu’un certain Julien, qui souffrait d’une maladie des poumons, en mangeant trois jours de suite, avec du miel, des pignons déposés sur l’autel d’Esculape, fut sauvé et en remercia le dieu devant tout le monde. Meiners, dans ses Briefe über die Schweiz (Francfort, 1785), parle des amandes de la Pinus Cembra L., dont l’huile était de son temps spécialement recommandée contre les maladies du poumon. Pour prolonger la vie atteinte par la phthisie, on employait le fruit du pin, symbole non pas seulement d’une longue vie, mais d’une vie perpétuelle. Il n’est, d’ailleurs, nullement impossible que le jus des noix de Pinus Cembra L. puisse être de quelque soulagement dans les pulmonies. La pomme de pin représentait sans doute le membre mutilé d’Atys, que Cybèle ou Rhéa recouvrit de sa robe. Plutarque, dans son livre sur Isis, nous apprend que dans les mystères de cette déesse, à Biblos, dans le temple de Baltis, la mère des dieux, on couvrait le pieu sacré (öáëëüò, phallus) avec le linge d’Isis. Ce fruit était consacré à Poséidon et à Bacchus, mais spécialement à ce dernier : « C’est surtout, écrit M. Lenormant dans le Dictionnaire des antiquités grecques et latines, la pomme de pin, óôñüâéëïò, ê§íïò, qui tient une place importante parmi les attributs de Dionysos, et qui souvent termine son thyrse (ainsi que la pomme). Gerhard la croit empruntée au culte phrygien ; Émile Braun y voit un symbole de fécondité et de reproduction, un fruit de l’hiver (1) ; peut-être son attribution à Bacchus est-elle venue simplement, comme l’ont pensé Chateaubriand et Welcker, de l’usage conservé par les Grecs modernes de faire infuser des pommes de pin dans les cuvées pour conserver le vin par le moyen de la résine. Dans les interprétations d’un mysticisme alambiqué, chères aux Orphiques, la pomme de pin fut envisagée comme « une image du cœur de Zagreus, déchiré par les Titans. » Dans les monuments assyriens, on trouve la pomme de pin offerte au dieu gardien de la vie. Une chanson populaire de la Roumanie citée par le sénateur Massarani dans son Étude sur les peuples de la Roumanie, nous apprend que deux amoureux morts d’amour et ensevelis dans le même cimetière furent changés l’un en pin, l’autre en vigne, et qu’ils continuent ainsi à s’embrasser. En dépit de la légende de saint Martin, écrite par Sulpicius, qui représente le pin comme un arbre diabolique (2), le christianisme même l’a consacré. La ville d’Augsbourg, qui a pour enseigne une pomme de pin, est sous le patronage de sainte Afra ; en Sicile, on croit reconnaître dans l’intérieur du fruit la forme d’une main, et précisément la main de Jésus bénissant le pin qui l’avait sauvé pendant sa fuite en Égypte (cf. Genévrier et Palmier). M. Pitré nous a communiqué cette légende : Le pin a encore fait d’autres miracles. A Ahorn, près de Cobourg, un vent effrayant envoyé par une sorcière avait fait plier le clocher de l’église ; tout le monde, dans les villages d’alentour, s’en moquait ; un pâtre, pour délivrer son village d’une pareille honte, attacha une grande corde à un pin que l’on montrait encore du temps de Nork (Mythologie der Volkssagen und Volksmärchen), et, à force d’invocations et imprécations magiques, parvint à redresser le clocher. Nork ajoute que, l’année 1300, à Krain, près d’un couvent de femmes, une statue de la madone cachée dans le tronc d’un pin, se fit entendre à un prêtre ; c’est pourquoi, dans le voisinage, fut bâtie une église en l’honneur de la Vierge. Dans un chant populaire serbe, un enfant demande à voir ce qu’il y a sous l’écorce du pin ; il voit alors dans le pin une jeune fille assise qui brille comme le soleil. Dans une tradition des sauvages de l’Amérique du Nord, citée par Mannhardt, Lettische Sonnenmythen, le soleil remplace le pin. Le roi Crésus (Hérodote, III) menace les habitants de Lampsaque, de détruire leur ville comme on tranche un pin lequel, une fois coupé, ne repousse plus ; l’image était d’autant plus à propos, que la ville de Lampsaque autrefois, dit-on, s’appelait Pityousa, « endroit planté de pins ». Dans un dessin pompéien, on trouve, avec une couronne de pin, un Amour champêtre ; nous trouvons aussi les Faunes couronnés de pin dans Ovide (3). Virgile appelle le pin pronuba, parce que les flambeaux des noces étaient en bois de pin. Dans l’hymne de Callimaque à Diane, et dans Longus, les vierges portent une couronne de pin ; la pomme de pin non ouverte symbolisait la vierge. En Podolie, en Petite Russie, les gâteaux de noce sont ornés de petites branches de pin ; au Japon, le pin semble être devenu un symbole de constance et de fidélité conjugales ; M. Savio, dans son livre Il Giappone (Milan, 1875), nous décrit ainsi certains usages nuptiaux : « Les époux boivent, chacun à son tour, trois fois, trois petites tasses de saké, devant un arbrisseau de pin, l’image d’une grue, une tortue, et un groupe qui représente un vieux et une vieille devenus célèbres à travers les siècles, à cause du bonheur conjugal dont ils avaient joui pendant leur vie, nommés Takasago-no-gigi-babà. Le pin signifie la perpétuité du genre humain et la constance dans l’amour conjugal, puisqu’il se conserve toujours vert, même sous la neige ; la grue représente le bonheur ; la tortue est le symbole d’une longue vie, puisque l’on croit que cet animal peut atteindre l’âge de dix mille ans. Une fois terminée la cérémonie qui lie ensemble les deux époux, un chœur de jeunes filles, s’accompagnant avec le sciamisen, chante ce qui suit : « Les eaux des quatre océans sont tranquilles, et le pays est si calme que le vent n’ose pas même agiter les feuilles de ses arbres. Que les ainoi (espèce de pins qui poussent deux à deux, dans la province de Harima) puissent devenir l’emblème de votre union ; alors nous vous verrons toujours unis dans ce royaume pacifique et bienheureux. »



Le Bananier:




Étymologie :BANANIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1604 bot. bannanier (Fr. Martin de Vitré, Descr. du prem. voy. faict aux Ind. Or. par les François en 1603, p. 116 d'apr. König, p. 27) ; 1640 bananier (P.-J. Bouton, Relation de l'establissement des François depuis l'an 1635 en l'isle de la Martinique dans A. Weil, R. Philol. fr., t. 45, p. 6 : Les bananiers sont de la hauteur de quinze ou vingt pieds, ont le tronc toujours verd). Dér. de banane*; suff. -ier*.


BANANE, subst. fém.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1598 bot. Bannana (W. Lodewijcksz, Premier livre de l'histoire de la navigation aux Indes orientales par les Hollandois [texte fr. écrit par un Hollandais], fo10 vo dans Arv., p. 81 : Nous avons trouvé [dans l'île de Sainte-Marie, près de Madagascar] grand nombre d'habitans sur le rivage, qui nous apportoient beaucoup de Limons et Palmitas [...] aussi des Bannanas, du laict et pressure) ; 1602 banane (A. Colin, Histoire des Drogues, p. 301 [trad. fr. d'un ouvrage lat. lui-même trad. du port., ici trad. d'un commentaire en lat. de L'Escluse], ibid., p. 82 : Elles sont ainsi [Bananas] appellées à Lisbonne, ou i'en ay veu quelques plantes, lesquelles toutesfois ne portoyent point de fruit, car on les appelle encores auiour d'huy Figuera Banana, cest à dire figuier portant Bananes). Empr. au port. banana « id. », attesté dep. 1562 (Cartas avulsas, 338, Espiritu Santo dans Fried.), lui-même prob. empr. au bantou de Guinée. V. Fried ; Dalg. t. 1, s.v. banana ; Cor. t. 1 id. ; Mach., id. ; König, pp. 26-27 ; Arv., pp. 80-85 ; FEW t. 20, p. 86 ; R. Loewe, Z. vergl. Sprachforsch., t. 61 (1933), pp. 112-114 ; cf. Friederici, v. bbg. ; M. Wis, Neophilol. Mitt., v. bbg.


Botanique :


Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), brosse le portrait de la Banane :


Les bananiers sont des plantes extrêmement originales, cumulant singularités et paradoxes. L'art de manger des bananes ne date pas d'hier, puisque la culture du bananier a précédé, en Asie du Sud-Est, les cultures du riz et de la canne à sucre. Ce fut donc l'une des toutes premières plantes rationnellement exploitées par l'homme il y a déjà quelque dix mille ans.


A vrai dire, ce n'était pas les bananes que l'on consommait à l'époque, mais les jeunes pousses (comme pour les asperges) et le cœur du jeune tronc (comme pour les cœurs de palmiers). Mais, ici, le mot « tronc », n'est pas de mise, puisque les bananiers sont des herbes. Ce sont même les plus grandes herbes que l'on connaisse, avec les bambous ; mais, comme ces derniers, à leur différence, ont des tiges ligneuses, les bananiers sont donc sans conteste les plus grandes herbes du règne végétal. Pouvant atteindre jusqu'à dix mètres de hauteur, ce sont les plus grands végétaux à ne pas faire de bois.


Bernardin de Saint-Pierre écrit dans Les Harmonies de la nature que « la banane donne à l'homme de quoi le nourrir, le loger, le meubler, l'habiller et même l'ensevelir... » Il ajoute : « Les Indiens en font toutes sortes de vases pour mettre de l'eau et des aliments. Ils en couvrent leurs cases et ils tirent un paquet de fils de la tige en la faisant sécher. Une seule de ces feuilles donne à l'homme une ample ceinture, mais deux peuvent le couvrir de la tête aux pieds par devant et par derrière ! »


Les bananiers semblent originaires d'Indo-Malaisie. Les Indonésiens les introduisirent en Afrique au Ve siècle après Jésus-Christ. En 650, ils atteignaient la côte méditerranéenne. En l'an mil, ils se répandaient en Polynésie. Quant au Nouveau Monde, il fut conquis par des bananiers venus des Canaries. Le commerce de la banane a donc une longue histoire. Les marchands arabes proposèrent les premières en Espagne et en Italie, mais leur commerce moderne ne démarra vraiment qu'en 1870, avec les premiers arrivages de bananes aux États-Unis. En Europe, les choses tardèrent davantage. Il faut, en effet, attendre 1925 pour que l'Europe en fasse autant. A cette époque, Joséphine Baker animait la revue « Folie d'un jour » aux Folies-Bergères et se produisait vêtue en tout et pour tout d'un pagne confectionné de bananes… Après une pause des importations due à la Seconde Guerre mondiale, le retour à la paix permit la mise en œuvre de nouvelle productions et l'on développa d'immenses bananeraies dans toute la ceinture intertropicale du globe.


Au milieu du XIXe siècle, le bananier apparaissent déjà dans les jardins les mieux exposés du Midi méditerranéen, en Sicile, en Italie et même sur la Côte d'Azur. Exactement comme les orangers, il fut aussi introduit à la même époque par les Espagnols et les Portugais sur la côte d'Afrique occidentale ainsi qu'aux Canaries et à Madère, où sa culture prit une énorme extension. Au temps de la marine à voile, les bananes ne pouvaient être consommées que sur leur lieu de récolte, les transports maritimes étant trop longs pour permettre leur conservation. Plus récemment, on a inventé des bateaux spéciaux, les bananiers ; ces bâtiments comportent dans leur coque plusieurs ponts superposés afin d'éviter l'écrasement des cargaisons fruitières. Ces ponts sont aérés par une circulation continue d'air réfrigéré et la température y est généralement maintenue à 12°C, ce qui permet aux fruits d'arriver en bon état. Ces difficultés de transport sont à l'origine d'une situation paradoxale : l'une des plants les plus anciennement utilisés par l'homme fut en même temps celle qui pénétra le plus tardivement en Europe.


Mais si la banane est éphémère, le bananier l'est aussi ! Un bananier est une sorte d'énorme poireau qui, au lieu d'être fiché dans le sol par une touffe de racines, y enfouit un gros bulbe vivace. Ce gros oignon reste perpétuellement enterré et donne spontanément de jeunes boutures qui se développent sous l'aspect de cette grande herbe qu'on appelle bananier. Au bout de deux ans, lorsqu'elle a donné son régime de bananes, cette herbe est arrachée. D'autres boutures jaillissent alors de la souche vivace souterraine ; elles donnent à leur tour d'autres bananiers qui subiront le même sort après le même délai. Ainsi une bananeraie fonctionne-t-elle comme un système en rotation continue où de nouveaux pieds remplacent les vieux pieds, éliminé au fur et à mesure que chacun a fourni son régime. Ce mécanisme se déroule en dehors de tout cycle saisonnier et de toute sexualité ; le remplacement par de jeunes boutures des bananiers qui ont déjà porté s'opère à n'importe quelle époque, chaque bananier obéissant à son rythme propre. Il est vrai qu'il pousse sous des climats chauds et peu contrastés.


Le premier bananier d'une plantation, avec son énorme oignon souterrain, est baptisé le « père ». Il se passe de seize à dix-neuf mois entre le moment où se forme sa première bouture et celui où l(on coupera le régime. La croissance du bananier est donc extrêmement rapide, ce que l'on comprend plus aisément en examinant la structure du tronc. Celui-ci n'est formé que de l'ajustement de la base des feuilles, qui s'enroulent les unes sur les autres en se recouvrant mutuellement. Les longs pétioles qui s'engainent les uns dans les autres sont très riches en eau. en appuyant sur un moignon de tronc - il faudrait dire de stirpe - récemment sectionné, on fait suinter des quantités d'eau tout à fait impressionnantes.


Les feuilles peuvent atteindre de deux à trois mètres de longueur et cinquante centimètres de largeur. Jeunes, elles sont enroulées en cornets. Âgées, victimes du vent qui les déchire en longues lanières, elles confèrent aux vieux bananiers - qui n'ont d'ailleurs jamais plus de quelques années - un air dépenaillé et loqueteux. Au centre du stirpe passe le pédoncule de l'inflorescence ; une fois arrivé à la lumière, il s'incurve aussitôt vers le bas. Notons que c'est là une attitude inverse de celle de toutes les tiges, qui ont plutôt tendance à se dresser vers la lumière. A l'extrémité de ce pédoncule renversé se développe une grosse inflorescence pendante. Bref, on a le sentiment que le bananier, conscient de devoir porter de lourdes bananes, baisse d'emblée les bras…


Cette inflorescence est un épi. Elle se forme au bout d'un an environ et peut atteindre un mère cinquante de longueur. Cet épi est entièrement enveloppé dans de grandes pièves violacées qui se redressent peu à peu comme des stores qu'on enroulerait vers le dehors. Sous ces pièces apparaissent alors les fleurs femelles, disposées en rang d'oignon. Comme toute fleur femelle qui se respecte, celle-ci possède un ovaire, surmonté d'un stigmate collecteur de pollen. Au sommet de l'épi - donc tête en bas puisqu'il est tourné vers le sol - se forment ensuite les fleurs mâles ; elles sécrètent un abondant nectar qui s'accumule dans les pièces colorées Plus le sol est riche, plus le bananier produit de fleurs femelles : sur un sol très pauvre, il forme surtout des fleurs mâles. On reconnaît là la sollicitude de la nature pour les fleurs femelles, celles qui porteront les "enfants " !


Utilisations traditionnelles :


Marie-Joseph Dubois, dans un article intitulé "Ethnobotanique de Maré, Iles Loyauté (Nouvelle Calédonie) (Fin) . (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 18, n°9-10, Septembre-octobre 1971. pp. 310-371) rend compte des usages du bananier

Musa sp., Musacée = namaco = bananier. Voir 2e partie, cultures. Banane = waeth. On interprète le nom namaco : hna-hma-co = il a beaucoup marché, souvenir de l'origine lointaine de cette plante, avec un jeu de mot avec nama qui est le sémantème de plusieurs noms de bananiers. La banane évoque le pénis en érection : eth = « faire des actes érotiques » et jeu de mots avec un nom mélanésien originel : usi aux îles Trobriand d'après Malinovski. On a appefé Musa discolor autrefois le bananier kiam(u), le bananier d'Anatom, celui qui est venu avec les « vraies » ignames de Ma, et qui apparaît dans de nombreux mythes maréens et lifous. Sa banane est le fruit défendu mangé par le « Petit Garçon de Dranin », désobéissant ainsi à sa grand-mère Nederumele. Il est devenu ainsi un vagabond et est mort à Lifou.


Musa nana = wiwi ; banane wa-wiwi. On l'appelle wiwi à cause du français « oui-oui » que répètent les Français les si Wiwi. Deux variétés : wiwi-re-Nengone = « la wiwi de Mare » qui fut introduite à Mare dès l'arrivée des Anglais ; wiwi-re-co = « wiwi du dos » = appelée communément « banane de Chine », introduite de la Grande Terre (cf. le Journal des Océanistes, t. XV, n° 15, p. 150).


Musa paradisiaca, nombreux clones, dont trois : Kiam(u), momo et wa-apue-re-nenun auraient accompagnées les vraies ignames venant de Ma, avec le gallinacé titew. Ils débarquèrent à Watheo, et s'installèrent à Hna-waethe-kaw = « l'endroit des bananes de couleur claire », non loin de Cerethi, où les ignames tinrent leur dernier conseil avant de se séparer et se disperser dans tout Mare.


Musa paradisiaca sapientum var. Oleracea Baker, Musacée, variété à rhizome comestible = nama. Elle ne donne pas de bananes comestibles. Son rhizome sert d'aliment de famine. Je ne crois pas qu'il en reste à Mare, mais il y en a encore à Lifou. Les gens de Mare se moquent des Lifous quand ceux-ci sont obligés de manger de ces rhizomes (cf. Emile Massal et Jacques Barrau, Plantes Alimentaires du Pacifique Sud, CPS, n° 94, p. 22).


Musa paradisiaca seminifera est probablement enegutu{e), neguluie), bananier autochtone à graines. Ses fruits ne sont pas comestibles. Il est utilisé pour ses feuilles qui servaient d'enveloppe au pâté ficelé ael. On ne l'emploie plus. On trouve encore des enegutu(e) au fond du trou de Bone ea, et peut-être encore çà et là près de villages. Musa paradisiaca seminifera pousse dans les forêts de Nouvelle-Calédonie et de Samoa.


Musa troglodytarum Vieil. = Musa fehi = namaco ni du = màm « le bananier du soleil » parce que son régime se dresse dans le prolongement du tronc au lieu de retomber vers le sol. Il ne pousse actuellement à Mare que dans le Watheb ni wajakag dans la forêt de Rawa, dans un creux d'une quarantaine de mètres de profondeur, avec sol volcanique, très humide et très abrité du vent. En 1946, Robert Virot et moi-même y avons trouvé un bananier dépassant les 10 m de hauteur, diamètre du tronc à la base 60 cm. Son régime avait une hauteur de 1,50 m. Plus tard, les indigènes ayant débroussé pour laisser pénétrer la lumière, les pieds avaient été multipliés. Ils dépassaient néanmoins 6 m de haut. — Son pétiole noir est découpé en lanières, et les femmes en font des nattes et des paniers. — Son jus violet sert à se teindre la figure pour les fêtes. — Selon Jon de Ro, namaco ni du aurait été introduit par la population des si Welo.


Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le bananier n'est pas un arbre, mais une plante herbacée, dépourvue de tronc ligneux. Ses tiges, très tendres, disparaissent après la fructification. C'est pourquoi le Bouddha en fait le symbole de la fragilité, de l'instabilité des choses, dont l'intérêt doit être négligé : Les constructions mentales sont pareilles à un bananier, lit-on dans le Samyutta Nikâya (3, 142). C'est un thème classique de la peinture chinoise que le Sage méditant sur l'impermanence des choses au pied d'un bananier."


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Bananier a les caractéristiques suivantes :


Les deux plus importantes espèces de Bananiers sont le Bananier du paradis et le Bananier des sages. Le Bananier du paradis (Musa paradisiaca), Figuier d'Adam, Plantain des Indes, Arbre à cordes, est ainsi nommé parce que plusieurs textes sacrés de l'Inde en font l'arbre qui portait le fruit défendu. Cette archaïque tradition se retrouve dans le Coran où le Bananier plantain est nommé Arbre du paradis. Il produit un fruit farineux, peu sucré, plus volumineux que la banane vendue dans les pays occidentaux. Le plantain se mange cuit, en général mélangé avec du riz. Le Bananier des sages (Musa sapientium), Figuier du Gange ou des fakirs, est celui que l'on cultive aujourd'hui dans toutes les zones tropicales du monde, pour ses régimes chargés de fruits que l'on nommait autrefois figues-bananes. Ce sont les bananes du commerce.


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau


Divinité : Selon les régions de culture, le bananier et ses fruits sont dédiés à de très nombreux dieux locaux, survivance des anciens cultes animistes.


Pouvoirs : : Fécondité ; Puissance créatrice ; Prospérité matérielle.


Utilisation rituelle : Le culte du Bananier est certainement très ancien. Dans toute l'Inde, cet arbre est essentiellement dédié aux Patrikas, les neuf formes de la déesse Kali. Un texte, présumé du II e siècle av. J.-C., (Mahavagga) mentionne un breuvage à base de pulpe de banane, et le présente comme l'une des huit boissons à base de fruits et de miel que les moines bouddhistes sont autorisés à consommer.


De nos jours encore, durant les grandes fêtes rituelles de Shràvana et Hindi Sàvàn, des feuilles de Bananier et d'énormes régimes de fruits décorent les rues. Les façades de certains bâtiments officiels en sont couvertes. On en fait des arcs de triomphe qui enjambent les boulevards.


Le Bananier étant coupé aussitôt après la récolte (c'est-à-dire d'une certaine manière détruit par ses propres fruits), on en a fait le symbole de l'homme vivant dans l'erreur, détruit par le fruit de ses mauvaises actions.


Des Bananiers chargés de lourds régimes sont associés à plusieurs scènes mythologiques sur les bas-reliefs de l'immense site sacré de Borobodur, à Java.


Les bananes (avec les poissons et la viande de porc) occupaient une place primordiale dans le kapu, l'ancien code des tabous hawaïen. Si un chef lançait sa sagaie au milieu d'une bananeraie, le champ était déclaré tabou et personne ne pouvait toucher aux fruits qui pourrissaient sur place. Les femmes, plus encore que les hommes, obéissaient à un code excessivement compliqué et tatillon. Selon le mois de l'année dans lequel on se trouvait, et même en fonction des variations de lune à l'intérieur d'un même mois, certaines variétés de bananes leur étaient autorisées, et d'autres interdites sous peine du fouet. Il y avait enfin une période de l'année où toutes les bananes, quelles qu'elles soient, étaient taboues aux femmes, et cette fois la transgression était punie de mort. Lorsque cela se produisait, le tabou était alors prolongé et assorti d'une foule d'interdits qui paralysaient complètement la vie de la communauté : défense d'allumer des feux, de mettre les pirogues à la mer, de préparer les repas, de rouir ou filer le chanvre, etc. Le village d'où venait la contrevenante devait observer le silence absolu : défense de parler, de battre le tam-tam, les chiens étaient muselés, les oiseaux chassés, les poules emprisonnées à l'intérieur d'une calebasse. Les prêtres venaient la nuit et ils incendiaient toutes les bananeraies que ce village possédait.


Le code des tabous fut aboli en 1819 par la reine régente Kaahumanu, aidée du grand-prêtre Hewa-Hewa. Le kapu en était alors arrivé à un tel degré d'absurdité dans l'enchevêtrement des interdits que les femmes, principales visées, pouvaient à peine respirer. Plusieurs auteurs ont décrit le festin mémorable au cours duquel le roi adolescent Liholiho, chapitré par la régente, se leva de la table des hommes (hommes et femmes n'avaient pas le droit de manger ensemble) pour aller s'asseoir auprès de sa mère à qui il offrit des mets interdits. Après un moment de stupeur, d'horreur même, ce fut l'explosion de Joie. Hewa-Hewa se dressa dans son costume de plumes et cria : « Kapu est mort ! De sa propre main armée d'une torche, il incendia le premier temple et renversa les idoles sanguinaires. Le cri « Kapu est mort ! Les tabous sont brisés!. vola d'île en île. Partout les temples brûlaient. Les femmes se gavèrent de nourriture prohibée jusqu'à en être malades.



Utilisation magique : L'arbre et ses fruits sont traditionnellement employés pour féconder et pour combattre l'impuissance. Paradoxalement, on dit aux Antilles que se marier sous le feuillage d'un Bananier est mauvais signe : non seulement la femme ne rendra pas son mari heureux, mais de plus elle sera une mauvaise mère. En revanche, au Brésil, le fruit occupe une grande place dans la magie érotique. Au temps des Portugais, la peau de banane, préparée de diverses façons et mélangée à des noix, entrait dans des préparations magiques dont se servaient les esclaves noirs, à des fins, on s'en doute, peu appréciées par les autorités de Lisbonne.


Les fleurs entrent dans les charmes concernant l'argent, la prospérité. Aux Indes, on en fait surtout des guirlandes dont on décore les maisons, les statues des divinités ; ou bien on les porte autour du cou. Dans les pays africains, en revanche, les mêmes fleurs entrent dans des amulettes que l'on porte sur soi, mais cachées.


Le Bananier, « hermaphrodite double », ne pouvait que séduire les sorciers animistes. Des survivances de ces pratiques se retrouvent dans certains rites de vaudou et de candomblé où l'arbre, en totalité ou en partie, sert à appeler les loas.


Le tronc, ou plus exactement la tige, est constitué par les gaines des feuilles qui s'emboîtent les unes dans les autres et finissent par s'accumuler. Les Dayaks de Bornéo plantent ces tiges sur les tombes, car ils y voient le symbole des différents « corps » occultes que revêt tour à tour l'âme dans sa migration du grossier vers le subtil. Pour cette raison, ils ne coupent jamais la tige (une coupure nette, faite avec un instrument tranchant, causerait un trop violent traumatisme, risquant de perturber le voyage du défunt), mais la rompent au ras de la souche (toute vie est un jour brisée par la mort, mais elle transmigre vers d'autres formes).


Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994) évoque aussi le symbolisme des fruits dont il explique les particularités botaniques :


Une bananeraie est donc une sorte d'efflorescence continue née de la terre, éphémère et perpétuellement renouvelée - aussi fugace et prolifique, somme toute, qu'une champignonnière ! Pour cette raison sans doute, Bouddha en fit le symbole des biens de ce monde. Un thème classique de la peinture chinoise représente le Sage méditant sur l'impermanence des choses et des biens de ce monde sous un bananier.


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Le bananier qui produit le plantain est appelé "bananier du paradis" ou "figuier d'Adam" car, selon certains textes sacrés d'Inde et d'après le Coran, c'est lui qui portait le fruit défendu. le "bananier des sages" qui produit la banane que nous trouvons dans nos commerces "étant coupé aussitôt après la récolte (c'est-à-dire d'une certaine manière détruit par ses propres fruits)" symbolise en dépit de son surnom, 'l'homme vivant dans l'erreur, détruit par le fruit de ses mauvaises actions".


Dans les croyances occidentales, une banane coupée transversalement aurait la frome d'une croix ou d'une petite figure ressemblant au Christ. En coupant le fruit avec un couteau, on risque de blesser la figure sainte : il vaut mieux se servir de ses doigts.


Les Dayaks de Bornéo, eux, voient dans l'accumulation des gaines des feuilles constituant la tige du bananier "le symbole des différents "corps" occultes que revêt tour à tour l'âme dans sa migration du grossier vers le subtil". Craignant d'importuner le voyage des morts, ils se refusent à couper cette tige mais la cassent pour la planter sur les tombes.


A cause de sa forme phallique, la banane est associée à la fécondité et à la virilité. Au Brésil, où elle joue toujours un grand rôle dans les charmes érotiques, on raconte qu' "au temps des Portugais, la peau de banane, préparée de diverses façons et mélangée à des noix, entrait dans des préparations magiques dont se servaient les esclaves noirs, à des fins, on s'en doute, peu appréciée par les autorités de Lisbonne".


Dans toute l'Amérique du Sud, un homme mangeant deux bananes provenant d'une même tige donnera nuisance à des jumeaux.


Cependant, selon une croyance des Antilles, se marier sous un bananier est très néfaste, car la femme rendra son époux malheureux et sera une mauvaise mère ; de même, dans l'île Maurice, il porte malheur à celui qui en a un dans son jardin.


En Grèce, on croit que lorsqu'on cueille une banane avant sa maturité, la tige abaisse sa tête pour frapper son ravisseur".


En Inde, où le bananier est dédié aux Patrikas, c'est-à-dire aux neuf formes de la déesse Kali, les feuilles et les fruits de l'arbre ornent les rues et les bâtiments officiels durant les fêtes rituelles de Shrâvana et Hindi Sâvân. Le culte qui lui est rendu est probablement très ancien et "un texte, présumé du IIe siècle av. J.C. (Mahavagga), mentionne un breuvage à base de pulpe de banane, et le présente comme l'une des huit boissons à base de fruits et de miel que les moines bouddhistes sont autorisés à consommer".


Que lui soient attribuées des propriétés magiques ne peut guère étonner : ainsi, les guirlandes de fleurs de bananiers portées autour du cou ou parant les maisons et les statues des divinités sont-elles censées attirer la prospérité et l'argent.


Le jour de sa profession perpétuelle, le 6 février 2000, à Atakpamé (Togo), Sœur Marie-Pascaline a confié à son entourage comment elle voyait dans le bananier un symbole de la vie religieuse où elle s'engageait, ainsi qu'on peut le lire dans ce document.


Hélène Dubois-Aubin, autrice de L'Esprit des fleurs (Éditions Cheminement, 2002) collecte la sagesse des Anciens de tous pays :


La permanence de l'âme : Si une grande majorité de sociétés archaïques admettent la permanence de l'âme après la mort, la perspective de séjourner dans un monde morne et souterrain ne les enchante guère. L'homme, qui tend à s'élever aussi bien de son vivant qu'après sa mort, trouve dans la plante le support idéal à la migration de son essence grossière vers un état plus subtil.


Le végétal, dont les ramures s'étendent vers la lumière, représente le vivant le plus proche de l'univers ouranien qu'il unit, par sa tige, aux forces chtoniennes régnant dans les entrailles de la terre. Il forme un canal, une voie de circulation, qu'empruntent les âmes défuntes : dans chaque herbe, dans chaque fleur ou dans chaque arbre se manifeste l'esprit de l'ancêtre en transit vers un monde de paix et de félicité.


Ainsi, le peuple Dayak de Bornéo voyait dans l'accumulation des différentes couches constituant la tige du bananier le symbole des corps occultes successifs que revêtait tour à tour l'âme avant d'atteindre sa plénitude. Ils se refusaient pour cela à trancher la tige de tout bananier, de peur d'importuner le voyage des morts. Image de l'éternel renouvellement de la vie en Afrique Noire, le bananier représente encore pour certaines sociétés le destin des êtres vivants : une partie d'entre eux doit mourir afin que d'autres viennent au monde. Car sitôt que disparaît le plant mère du bananier apparaît à sa place un nouveau surgeon destiné à grandir, à offrir ses fruits et à s'éteindre à son tour, cela à l'infini. L'herbe géante symbolise de cette façon le cycle perpétuel de la vie et l'éternel renouvellement des choses.


Dans de nombreux mythes africains, notamment chez les Luba, les bonnes âmes, une fois jugées, migrent vers le « village-des-bananiers ». Certaines populations du Zaïre vont jusqu'à enterrer le placenta ou le cordon ombilical des nouveau-nés sous un bananier pour les relier à la sphère des ancêtres.


Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


Mythologie :


D'après Charles Illouz, auteur d'un "Hommage à Marie-Joseph Dubois. Petite énigme d'ethnobotanique, Maré (îles Loyauté)." (In : Journal de la Société des océanistes, 110, 2000-1. pp. 97-11) :


Poissons contre ignames dans la version Waro, voilà qui semble bien évoquer la procédure requise pour la conclusion d'un échange matrimonial. Or, la version Warok fait état de prestations de bananes et de cannes à sucre qui sont des évocations univoques des interdits sexuels et renvoient donc par extension aux restrictions matrimoniales.


« On ne devait pas en manger avant la pêche sous peine d'échec ou même d'accident. Les gens de Rawa ne donnaient pas la banane wa-kiam(u) à des étrangers. En recevoir était le signe d'une grande intimité » (Dubois, 1975a : 111).


Contes et légendes :


Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. Il est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; la fleur de Bananier raconte la sienne dans un conte venu de Malaisie et intitulé tout naturellement "Conte de la fleur de bananier" :



"Il était une fois un vieux singe qui était peut-être encore plus vieux que cela, et peut-être même le plus vieux des singes. On l'appelait de mille façons différentes et, parfois, on l'appelait simplement "Hé, ho !" Alors, puisque vous y tenez, nous l'appellerons Hého. Après tout, c'est un nom qui en vaut bien un autre", avait déclaré malicieusement un jeune homme sorti de la fleur de bananier. "L'essentiel, c'est qu'il m'ait raconté des histoires de toutes sortes. Le singe Hého en connaissait un nombre incalculable. Il se grattait derrière l'oreille, à l'endroit où les contes poussent chez les singes, et hop ! il en tenait un. Alors écoutez bien."


Hého n'était qu'un bébé, à l'époque où vivaient encore des singes tout verts. Remerciez tous les bons esprits de la forêt que cette racaille ait disparu à jamais. C'étaient les êtres les plus malveillants et les plus rusés que la terre ait jamais portés. On ne pouvait rien espérer de bon de leur part. Ils s'immisçaient partout avec indiscrétion, se réjouissant particulièrement si l'occasion se présentait de jouer un mauvais tour à quelqu'un. Ces singes n'avaient même pas un nom convenable. Tous s'appelaient NdokengNdoke.


Un jour, un singe vert NdokengNdoke rencontra la vieille tortue Kolokolopoua. Les tortues sont, bien entendu, d'une sagesse proverbiale, mais peut-être un peu trop confiantes, parce qu'en vérité, elles n'ont rien à craindre. A la place de la fourrure, leur dos est protégé par une sorte de carapace lisse très dure sur laquelle maint animal glouton de la forêt vient se casser les dents. La tortue Kolokolopoua salua sans méfiance aucune le singe vert et lui demanda, par pure courtoisie, où il allait.


"En quoi cela peut-il t'intéresser ?" répliqua NdokengNdoke, en regardant curieusement la tortue. Et, brusquement, une idée germa dans son esprit malveillant.


" Je veux bien te le dire, petite sœur Kolokolopoua, parce que c'est toi. Je vais au bord du fleuve. Après la pluie qui s'est abattue hier, les torrents sont sortis de leur lit et le courant est en train d'emporter des arbres déracinés. Je vais repêcher des branches pour me construire un radeau ou un grand nid, comme celui des oiseaux. Enfin, je trouverai bien à les utiliser. Si tu veux bien, je vais t'emmener avec moi."


Kolokolopoua, qui était heureuse d'avoir trouvé une occupation et une distraction pour la journée, accepta avec enthousiasme. Lorsqu'ils arrivèrent au bord du fleuve, le courant apportait justement un énorme pied de bananier.


"Dépêche toi, Kolokolopoua, espèce de paresseuse ! cria le singe vert furieusement. Plonge dans l'eau pour que le courant n'emporte pas le bananier. Ne vois-tu pas qu'une belle banane bien sucrée brille parmi les feuilles ? "


Bon gré mal gré, Kolokolopoua se jeta dans le courant. Tandis qu'elle s'escrimait à repêcher le bananier, NdokengNdoke se roulait sur a rive et lui cirait de se hâter. Lorsque Kolokolopoua atteignit enfin péniblement la berge, le singe la houspilla : " Passe-moi le bananier, je vais t'aider à le hisser sur la rive. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi stupide. Il faut que je fasse tout moi-même ! "


La tortue épuisée obéit, mais NdokengNdoke bondit sans plus attendre sur la banane et la mit dans sa bouche, laissant la tortue se débrouiller toute seule.


" Que fais-tu ? S'indigna Kolokolopoua. Je pensais qu'on allait tout partager équitablement !


- Il fallait bien que je vérifie si la banane était bien mûre, ricana NdokengNdoke. Maintenant, je suis fixé, mais malheureusement pour toi, il n'en reste plus rien. Je suis sincèrement désolé. Attends que d'autres bananes poussent. Pour te prouver ma bonne volonté, je vais partager équitablement le bananier avec toi. Prends les racines, et moi je garderai les feuilles. "


La tortue accepta. Elle prit les racines pour les planter. Le singe vert l'imita aussitôt, en plantant les feuilles de bananier dans la terre.


"Stupide tortue, se disait-il, ne sais-tu pas que les bananes poussent dans le feuillage et non sur les racines ? Je suis bien curieux de voir ce que tu vas récolter."


Les jours passaient, et le singe NdokengNdoke examinait les feuilles de bananier, l'air gourmand. Celles-ci ne tardèrent pas à faner et à jaunir. "Ça y est, elles mûrissent", se réjouissait le singe, lorsque les feuilles prirent la couleur des bananes mûres. Hélas ! Un jour elles tombèrent, ne laissant sur place que des tiges sèches. NdokengNdoke alla chez la tortue en traînant la patte.


"Alors, tes racines ont-elles déjà porté leurs fruits ? " se moqua-t-il, mais la jalousie s'empara de lui. Entre-temps, les racines avaient donné naissance à une frêle tige sur laquelle poussait une première feuille, suivie d'une seconde et d'une troisième. Bientôt, un panache vert se déploya sous le ciel bleu. Des boutons de fleurs apparurent parmi les feuilles. Les fleurs s'ouvrirent, puis tombèrent, cédant la place à de grands fruits succulents. Le bananier ployait sous leur poids. NdokengNdoke faillit en perdre la raison. Lorsque ses bananes mûrirent, la confiante tortue demanda au singe :


"Frère NdokengNdoke, rends moi un grand service. Je ne sais pas grimper aux arbres. Sois gentil, monte là-haut pour cueillir mes bananes. Je partagerai ma récolte avec toi. Tu pourras garder chaque banane que tu cueilleras en second." NdokengNdoke ne se fit pas prier. En un clin d’œil, il se hissa au sommet du bananier. Il cueillit la plus petite banane et la jeta à Kolokolopoua :


"Voici la première ! " cria-t-il, en avalant précipitamment la seconde. Ensuite, il croqua avidement la troisième banane.


"Qu'es-tu en train de faire, se fâcha la tortue. Cette banane m'appartient. Je t'avais pourtant bien précisé que tu n'avais droit qu'à chaque seconde banane.


- C'est bien la seconde banane qui vient après la précédente, répliqua le singe, avant de mordre dans la quatrième banane.


- Arrête toi là, supplia Kolokolopoua. Celle-ci ne t'appartient pas. tu dois me remettre la première banane qui se présente après ta seconde banane.


- Tu n'y es pas du tout, riposta le singe la bouche pleine. Ce n'est pas la première banane, mais bien la quatrième et, si je ne m'abuse, elle vient en second lieu après la banane qui l'a précédée. La toute première, tu l'as déjà reçue. J'ai beau regarder, je n'en vois pas d'autre. Ce qui reste m'appartient d'après ce dont nous sommes convenus. Tu veux peut-être insinuer que je suis un menteur ou que je t'ai escroquée ? Tu as vu quelle drôle d'associée tu fais ! " riait le singe rusé.


La tortue Kolokolopoua eut le vertige à force de chercher à comprendre les calculs du singe vert. Le temps d'y réfléchir et de mettre de l'ordre dans son esprit, NdokengNdoke avait déjà englouti toutes les bananes et filé discrètement.


"Et voilà, songea Kolokolopoua avec tristesse, j'ai beau être vieille, je n'ai toujours pas appris l'arithmétique des singes."


Quelques temps après, la tortue alla se promener dans la forêt vierge. Dans les fourrés de rotangs, un nœud coulant, tressé sur une belle liane verte, pendait d'un arbre. Les chasseurs l'avaient installé à cet endroit pour y prendre le gibier au collet. Kolokolopoua elle-même ne l'évita que par miracle. Pendant qu'(elle méditait debout, devant le piège, sur la chance qu'elle avait eue, elle entendit une voix mielleuse qui sortait des frondaisons : "Que regardes tu avec tant d'intérêt, petite sœur Kolokolopoua ? " s'enquit le singe vert. C'était bien celui qui avait volé à la tortue sa belle récolte de bananes. Kolokolopoua le regarda et lui répondit d'un air débonnaire :


"Que veux-tu que je regarde ? J'ai trouvé dans les fourrés un beau collier d'émeraudes. Je m'apprêtais à l'enfiler pour voir comment il m'allait. - Fais voir, fais voir ! cria le singe envieux. Je vais l'essayer avant toi. Tu serais capable de le casser avec ta tête rêche. On n'a jamais vu tortue porter un si beau collier ! " Avant que Kolokolopoua ait eu le temps de dire un mot, le singe passa la tête dans le nœud coulant. Le souple arbrisseau qui retenait celui-ci se redressa brutalement, étranglant le singe NdokengNdoke.


"En vérité, il te va si bien ton collier d'émeraudes, mon pauvre NdokengNdoke ! " estima Kolokolopoua tout en versant une larme. En effet, il arrive que les tortues pleurent, même si elles n'ont pas vraiment envie de pleurer. C'est dans leur nature.


Voici donc l'histoire que le vieux singe qu'on appelait Hého m'a contée. Elle pourrait également s'intituler : Un prêté pour un rendu, conclut le jeune homme de la fleur de bananier, en saluant son auditoire d'une profonde révérence."




L'Eglantier:





Étymologie :

ÉGLANTIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. [Fin du xie s. aiglantier (Raschi Blondh., p. 3 n°14)] ; ca 1100 eglenter (Chanson de Roland, éd. J. Bédier, 114). Dér. de l'a. fr. aiglant « églantier » (1er tiers du xiiie s. [Audefroy le Bastard] ds T.-L.) issu d'un lat. vulg. *aquilentum, dér. irrég. de aculeus « épine, piquant » peut-être neutre substantivé d'un adj. signifiant « muni d'épines », cf. piscilentus « poissonneux », spinulentus « épineux », suff. -ier* sur le modèle des noms d'arbres régulièrement dér. de noms de fruits (type pomme/pommier) ; cf., de formation analogue à églantier et postérieurs, coudrier, genévrier, peuplier.

Autres noms : Rosa canina ; Rose des chiens ; Rosier des haies ; Rosier sauvage ;

Usages traditionnels :

Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :

La gale a été traitée autrefois par une pommade faite de poudre de gratte-culs, fruits de l'églantier sauvage, d'huile d'olive et de vinaigre.

Fleurs de Bach :

Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur de l'églantier est "la fleur de la joie de vivre" qui nous guide dans le processus de transformation "de la totale résignation... vers la motivation intérieure".

État d'âme négatif : Désintérêt - Démotivation : Totalement apathique, sans le moindre intérêt pour quoi que ce soit, on a intérieurement capitulé.

Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :

Cet élixir s'adresse à la personne résignée, apathique, fataliste, lasse, qui capitule devant l'effort, qui juge tout inintéressant, qui manque d'intérêt et de vitalité pour la vie. Son ton de voix est monocorde et tout cela fait un compagnon ennuyeux pour ses voisins.

Cette personne a besoin de l'aide de l'Églantier qui aime une terre pauvre, qui est sans cesse détruit par le gel de l'hiver, par le feu de l'été, par les dents des animaux. Cette immense vitalité est due à la richesse de ses composants : des tanins, de l'anthocyane, la silice, des vitamines A et C, etc. Cet élixir est particulièrement recommandé pour les diarrhées, les saignements internes, le diabète, les calculs rénaux, l'insuffisance urinaire.

La prise de cet élixir a pour résultat d'attirer à soi non seulement la bonne santé, mais encore le contentement, l'omniprésence, les bons amis et tout ce qui donne du piment à la vie.

Mots-clés : longtemps, les alchimistes du Moyen-Âge ont comparé l'âme à un aigle qu'on retrouve encore sur le drapeau de certains pays (Allemagne...). Donc utilisez l'Egle entier (en élixir bien sûr) pour chasser la lassitude qui atteint votre âme. Notons encore le mot glant dans églantier que nous rapprocherons de glandes du système endocrinien pour lequel cette plante apporte beaucoup de bien-être.

Symbolisme :

Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme de l'églantier :

Dans certaines contrées de la France et particulièrement en Lorraine , la rose églantine est le sujet d'une poétique légende que nous nous plaisons à reproduire ici :

Une jeune fille venait de mourir ; son âme errait autour de la demeure paternelle ; elle ne pouvait se décider à quitter même pour le ciel, les champs et les riants bocages qu'elle avait tant aimés. Touché des regrets de cette âme si pure, son ange gardien lui apparût, heureux de combler ses désirs, et lui demanda en quelle fleur elle voulait être transformée. Choisis, lui dit -il, tu habiteras les jardins, les bois ou la prairie ; et passant en revue toutes les fleurs de la contrée : « Veux-tu être une tulipe ? —Non ; lui dit -elle, car la tulipe est sans parfum. Un lys ? — Il s'élève trop au-dessus des autres fleurs. Une brillante rose ? — Non, non, reprit soudainement la jeune fille, et, s'il m'était permis de choisir, je voudrais être une simple églantine. Quoi! lui dit l'ange étonné, tu choisis une fleur sauvage, qui nait dans les buissons, vit et meurt sans être admirée ? - Soit, dit la jeune fille, je vivrai inconnue, mais j'ornerai la haie de l'enclos qui borde la maison de mon père ; mon parfum embaumera l'air qu'il respire et mes douces couleurs caresseront ses yeux ; chaque soir j'entendrai sa voix ; et je serai l'emblème du seul amour que le temps et l'absence ne détruisent pas. »

L'ÉGLANTIER.

La Rose églantine commence à fleurir dans les premiers jours du mois de mai, mois, sans contredit, le plus beau et le plus délicieux de l'année. Si donc nous voulons assister au brillant épanouissement de la reine des fleurs, supposons que nous sommes au milieu de ces beaux jours. —Toute la nature a pris alors une parure nouvelle: ; les fleurs se multiplient dans la campagne, et , pour quelques-unes dont les graines mûrissent déjà à l'ombre des guirlandes, et dans une atmosphère toute parfumée combien de plantes ouvrent à peine leur délicate corolle et ne se répandent encore qu'avec timidité ?

Nous sommes au période le plus vivant de l'année. Tout brille, tout se développe, tout produit. Les haies sont tapissées de sureau et de ronces, et toutes entrelacées de fleurs charmantes et variées. La sauge couvre la pelouse de ses teintes violettes et se distingue entre les labiées par l'organisation de ses deux étamines. L'hyèble en trouve ses feuilles nombreuses, pour annoncer le bouquet blanc qui va fleurir ; la vipérine, le caille-lait, la campanule, le joli miroir de Vénus qui borde avec tant de grâce les champs de blé ; l'odorant mélilot, le triste velar, l'hypocrite renoncule dont les corolles satinées s'élancent au premier zéphir, et ne se replient qu'aux sévères aquilons ; tout paraît en habits de fête : plus de lieux arides ; Flore a tout jonché de ses dons, et le tapis de serpolet couvre le sol sablonneux, pendant que le bouillon blanc nourrit ses feuilles et sa tige grasse au bord des terrains cultivés.

Les nymphes sont rassemblées , leur reine peut paraître et la Rose des buissons vient de couronner tous les vœux.


La rose des buissons, c'est la rose sauvage, la rose toute simple, la rose de l'homme des champs, du chasseur fatigué, de la jeune fille, des enfants et des petits oiseaux ; c'est le sourire de l'innocence, le premier fard de la pudeur ; son parfum est fugitif et doux comme les rêves d'une tranquille nuit. Ce n'est point la rose dont Anacreon ornait ses cheveux blancs, ni la rose que tous les poètes ont chantée ; ce n'est pas non plus la rose que les Romains et autres peuples amollis par le luxe ont profanée dans leurs repas, dans leurs débauches. Notre rose ne recherche ni la pompe, ni les grandes fêtes, ni les boudoirs ; moins belle, moins brillante que sa sœur, la rose des jardins, elle charme l'ail, recrée l'esprit sans enivrer le cœur.

Notre simple rose se plaît au bord des eaux , sous la pâle verdure des saules , mais elle ne craint pas d'éclore dans un désert , et de s'y parer de ses fraîches guirlandes ; elle aime surtout le chant des oiseaux ; elle mûrit pour leur servir de pâture et lorsque ses fruits de viennent sucrés et vermeils, elle les appelle, elle convie leur nombreuse famille qui se rafraichit, se délecte et gazouille au milieu des buissons.

Salut ! ô fleur charmante qui ne dédaignez pas d'éclore dans un désert ! Le voyageur vous contemple avec un sentiment de plaisir, dans le plus raboteux sentier ; le pauvre, dans le plus petit verger, entremêle vos fraiches guirlandes. Digne de tous les hommages, vous n'en cherchez aucun ; belle pour vous-même, vous l'êtes de votre essence ; et pour qui veut un repos, et à sa vue et à son cœur, vous êtes le doux symbole de l'angélique consolation.

Le rosier églantier se reconnaît facilement à ses tiges hautes, lisses, divisées en rameaux allongés, flexibles, armés d'aiguillons épars, crochus, à ses feuilles composées de cinq ou sept folioles, ovales, finement dentées d'un vert brillant en dessus, d'une teinte plus pâle en dessous. Les fleurs sont d'un blanc rose, terminales, solitaires, portées sur des pédoncules courts et glabres. Les calices offrent cinq de coupures. Les fruits sont ovoïdes, d'un goût sucré et en même temps un peu acide ou austère. On lui donne différents noms : Rosier sauvage, Rosier des haies, et même Rosier de chien parce qu'on lui croyait le pouvoir de guérir la rage, maladie dont cet animal est souvent atteint.

RÉFLEXION:

Dieu en nous donnant ce précepte « honore ton père et ta mère » n'a pas prétendu nous astreindre seulement à rendre des honneurs stériles à nos parents ; il faut que ce respect que nous avons pour eux se manifeste par des actions ; il faut qu'en toute occasion nous nous empressions de leur témoigner toute l'étendue de notre reconnaissance.

Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856)

ÉGLANTIER - VOUS PARLEZ BIEN:

Genre de rosacées, fondé sur un arbrisseau défendu par des épines fortes et recourbées, qui pousse dans les bois , sur le bord des chemins, dans les haies ; il couronne de ses fleurs blanches ou d'un rose pâle les buissons au milieu desquels ses branches croissent éparses, et dont les tiges greffées portent les variétés infinies de roses, qui égaient nos jardins. Les fruits de l'églantier sont employés en Allemagne à faire d'excellentes confitures.

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :

Surnommé « rosier du diable », l'églantier a été maudit depuis que Judas s'y pendit ; ses graines sont d'ailleurs appelées « baies de Judas ». Le folklore breton le considère comme une création du diable qui tentait d'imiter le rosier.

Selon une légende allemande, lorsque le démon, tombé du ciel, tenta de se faire une échelle avec les épines de l'églantier, Dieu souffla sur l'arbrisseau pour l'empêcher de s'élever et Satan, furieux, abaissa vers le sol la pointe des épines : « Examinez les églantiers : le souffle de Dieu y a fait éclore des fleurs aussi roses et aussi délicates que des baisers sur des joues d'enfant, les longs rameaux s'inclinent toujours vers la terre, et les épines ont la pointe tournée vers le sol [...] crochues comme dents de brochets [...] c'est leur seule ressemblance avec le diable ».

Qui se pique à ses épines doit se garder d'injurier l'arbrisseau sous peine de tomber malade jusqu'à ce qu'on lui ait présenté des excuses. Une jeune fille qui en touche une branche risque, elle, de contracter une maladie mortelle (Drôme), tandis que si elle cueille une églantine, son mariage sera retardé d'un an (Vienne). Dans cette même région, placer des fleurs de rosier sauvage sur une tombe porte malheur à la famille du défunt. Pour qu'ils ne touchent pas ces fleurs, on dit encore aux enfants qu'ils risqueraient d'être frappées parla foudre ou d'attraper des poux (Bretagne). Enfin, se servir d'une branche d'églantier pour frapper ou conduire les bêtes attire sur elles l'attention du démon (Cher).

Une décoction, réalisée à la pleine lune, de l'écorce, des fleurs et de la sève du « rosier du diable » constitue un puissant envoûtement d'amour. Dans tout le sud de la France, les sorciers utilisent ses racines, cueillies également à la pleine lune, pour lancer leurs maléfices.

En même temps, une feuille d'églantier suspendue au-dessus de la porte d'entrée protège non seulement des sorciers mais aussi de la fièvre, des verrues et des maux de dents. Pour faire disparaître une verrue, on recommande également dans les Alpes d'introduire le jour de l'Ascension une mèche de cheveux du patient dans une branche de l'arbrisseau ; pour soulager une douleur dentaire, on peut aussi avoir dans sa poche quelques fruits d'églantier. En Belgique, ces fruits étaient portés en collier par les jeunes enfants pour les mettre à l'abri des maladies.

De la bourre d'églantier, portée par une personne à son insu, calme les douleurs hémorroïdales ; ses fleurs, consommées quotidiennement, soignent les poitrinaires (Tarn-et-Garonne) et trois de ses branches, placées en triangle (une à la tête du lit, une au-dessus de la porte d'entrée et la dernière sur la cheminée) guérissent les dartres (Normandie). Pour les animaux qui souffrent de ce mal, il faut leur accrocher sur la tête une pousse d'églantier de l'année (bas Maine).

Dans le Languedoc, une tige d'églantier tordue neuf fois et placée sous une pierre avant le lever du jour chasse les chenilles des arbres.

Savez-vous ? : L'autre nom commun donné à l'églantine est la rose des chiens. L'églantine est l'ancêtre de notre belle rose. Au Moyen Âge, on la consommait en gelée ou en confiture. De nos jours, elle est très utilisée par l'industrie pharmaceutique pour sa grande teneur en vitamine C. L'églantine est la fleur des poètes. Ils la portent encore de nos jours à la boutonnière. Elle est également l'emblème de l'académie de poésie.

Usages : En Afrique du Nord, l'églantier est une plante très précieuse pour les paysans. Ses fruits sont réduits en bouillie et donnés aux moutons, aux vaches et aux chiens atteints de la rage.


Selon Guy Ducourthial, auteur de la Flore médicale des signatures XVIe - XVIIe siècles (Éditions L'Harmattan, 2016) :

Le plus souvent, les dieux passaient pour avoir utilisé les songes quand ils avaient décidé d'informer un heureux mortel des vertus de certaines plantes. En voici un exemple parmi de nombreux autres rapporté par Pline qui concerne le cynorhodon :

"Jusqu'à ces dernières années, la morsure du chien enragé qui provoque la crainte de l'eau et l'aversion pour toute boisson était incurable. Récemment, la mère d'un homme servant dans les prétoriens reçut en songe l'avis d'envoyer à son fils, pour qu'il la prit en boisson, la racine du rosier sauvage appelé cynorhodon, dont la vue l'avait agréablement frappée la veille dans un buisson. Ceci se passait en Lacétanie, province d'Espagne la plus proche, et le hasard fit que ce soldat, mordu par un chien, commençait à éprouver de l'horreur pour l'eau, lorsqu'il reçut la lettre où sa mère le priait de suivre l'avertissement divin ; il fut sauvé contre toute espérance, ainsi que tous ceux qui depuis ont eu recours à ce même remède (H.N., XXV, 17).


Symbolisme celte :


Selon Sylvie Honore, dans son article pour Le Menhir, revue francophone de l'OBOD, de mai 2017,

La rose sauvage est à l'honneur pour fêter Beltaine. Symbole de la féminité et de l'amour par excellence, on la retrouve dans de nombreuses traditions. Mais elle fut mal-aimé dans la tradition occidentale car si la rose fut considérée comme l'œuvre de Dieu, l'églantier est celle du diable, d'où son nom vernaculaire de "rose du diable" ou "rose sorcière". Au moyen-âge, l'églantine représentait les aspirations de l'âme humaine à l'accomplissement. Son nom latin de rose canine lui vient du fait qu'on utilisait sa racine comme remède contre la rage. L'églantier pousse un peu partout en Europe, dans l'ouest de l'Asie et le nord de l'Afrique dans les haies, les lisières de bois et les pelouses à condition que le sol ne soit pas trop acide. Il sert de protection à l'entrée des forêts. Dans toutes les dimensions de l'églantier on retrouve cette notion de protection... Jusque dans un dessin animé de Walt Disney où la princesse Aurore va se faire appeler Églantine pour se protéger de la malédiction d'une sorcière ! Ses fleurs rose pâle ont cinq pétales qui forment un calice. Est-ce la forme de cette fleur ? Sa couleur ? Son parfum ? Son aspect fragile et délicat ? Ses pétales en forme de cœur ?... Probablement tout cela qui en a fait depuis tout temps un des plus beaux symboles du sentiment amoureux. Dès l'automne, les baies apparaissent, rouge vif, qui renferment des graines entourées de poils durs. Ce sont les cynorrhodons, autrement appelés gratte- cul. Après les premières gelées, ces baies se ramollissent et leur pulpe est très riche en vitamine C. Cependant, il faut prendre soin de ne pas consommer les graines et leurs poils au risque de bien comprendre l'origine de leur surnom !

Le cynorrhodon est comestible, riche en vitamine C, astringent, il agit sur les saignements des gencives et des muqueuses digestives et peut se consommer :

séché, à faire infuser:

séché puis réduit en poudre à incorporer à de la farine pour préparer des pains ou des gâteaux ou à ajouter dans du vin blanc.

en confitures:

ou simplement à consommer lors de vos balades : cueillez le cynorrhodon un peu ramolli, pressez-le délicatement entre vos doigts pour en faire sortir le pulpe sans les graines et dégustez.

Le bourgeon d'églantier est utilisé en gemmothérapie pour protéger la sphère ORL notamment chez l'enfant. Il donne à l'individu la force de se protéger physiquement contre les affections hivernales et mentalement contre un environnement difficile. Les feuilles de l'églantier peuvent être consommées en tisanes, elles sont antispasmodiques et permettent d'atténuer les angoisses, la nervosité et l'agitation nocturne. Les pétales de roses (dans ce cas, on peut utiliser n'importe quelles roses odorantes) peuvent être utilisées en préparations alimentaires :


Alcool de rose

Vin de rose

Tisane de rose : effet laxatif

Confiture de pétales de rose

Les roses sont aussi utilisées pour leur parfum en cosmétique :

L'eau de rose (hydrolat de rose) rafraîchit le teint et raffermit la peau. Elle est fabriquée par distillation à la vapeur des pétales de rose.

L'Huile Essentielle de rose (Rosa damascena) est diluée dans une huile végétale pour équilibrer et raffermir la peau. En diffusion, ou simplement à respirer au dessus du flacon, elle est ré-équilibrante émotionnelle et sexuelle. En ce sens, elle agira sur la tristesse, la mélancolie, les séparations affectives, et le passage de fin de vie. Attention à son prix qui est très élevé puisqu'il faut plus de 600 Kg de pétales pour faire 100g d'huile essentielle de rose.

Beltaine : L'églantier (ou la rose) est souvent associé à la célébration du soir de Beltaine (le 30 avril). On peut donc en mettre une fleur sur la table du repas ce soir là. Le lendemain matin, ce sera le muguet qui sera à l'honneur.


Solstice d'été : Arrêtez-vous devant un Églantier riche en fleurs à midi, le jour du solstice d'été. Fermez les yeux, respirez son délicat parfum et associez-vous aux louanges pour la Terre."

Contes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des Fées et des autres esprits de la nature (Éditions Plume de Carotte, 2014), l'églantier est une "plante à tourments".

Coups protecteurs : La mise au monde d'un enfant s'accompagnait fréquemment de rituels tels que l'enterrement du cordon ombilical visant à protéger le nourrisson du sinistre appétit de créatures maléfiques. En Mongolie et Sibérie, le placenta était mis sous terre derrière le foyer de la yourte car le feu offrait une protection supplémentaire contre ce type d'êtres. Certains Bouriates recouvraient le cordon ombilical d'éléments portés en horreur par ces esprits : des flocons de laine, des grains de blé et des fleurs ou feuilles d'églantier. Le tout était ensuite abrité par une petite cabane que l'on finissait par brûler. Les cendres laissées à même le sol constituaient le dernier rempart contre les forces du mal. Trois mois plus tard, une précaution supplémentaire recommandait de frapper très légèrement l'enfant avec un petit balai composé de neuf rameaux d'églantier. Après avoir opéré ce rituel, le chaman divisait son ustensile pour fixer sept rameaux de la plante au-dessus de la porte tandis que les deux derniers étaient accrochés séparément, de chaque côté du petit lit.

En République tchèque, dans la région de Moravie plus précisément, ce ne sont pas les nourrissons humains qui sont battus avec la plante épineuse mais les changelins. Il n'y aurait rien de tel pour pousser les intrus à pousser des cris déchirants qui ne manquent pas d'alerter leur mère féerique. Indignées par les mauvais traitements infligés à leur enfant, elles échangent leur petit avec le nouveau-né qu'elles avaient enlevé.


Rien ne se perd ! Les hayettes sont des petites fées cachées dans les haies qui se plaisent à s'amuser avec les jeunes enfants. Elles entretiennent d'excellents rapports avec les muscardins, ces petits rongeurs qui aiment à faire leurs nids dans les broussailles. Rien ne leur fait plus plaisir que de trouver un nid abandonné de cet animal au milieu d'un églantier touffu à souhait. Elles en font aussitôt leur demeure.


Gratte-cul : La plupart des lutins adorent faire des farces et, comme nous le confie Pierre Dubois, nombre d'entre eux sont devenus experts dans l'utilisation des graines séchées d'églantier pour en faire du poil à gratter. Savez-vous ainsi qui a soufflé la méthode à l'oreille des petits écoliers turbulents ? Ce sont les Cra-Cras vivant dans les préaux. Taquins, les lutins préfèrent généralement user de cette poudre par eux-mêmes. en Italie, le lubrique Massariol ne manque pas une occasion pour déverser une pincée de cette redoutable poudre dans le corsage d'une belle. Il plonge alors ses mains entre les seins pour soulager prétendument la jeune femme de ses tourments.


Si étrange que cela puisse paraître, les églises et cathédrales sont le terrain de jeu favori d'êtres de la même famille. Leur nom change en fonction des pays : Church Grims en Scandinavie, Kyrkogrims en Suisse, ArC'Houskezik en Bretagne... Ce n'est pas la foi qui les a motivés, bien au contraire, puisqu'ils passent leur temps à profaner ces lieux sacrés et à tourmenter les fidèles comme les prêtres.


Un peu de poil à gratter dans la soutane de ces religieux avant la messe et les voilà pris par un fou rire qui durera le temps de la cérémonie.


Avant que le terrible poil à gratter des fruits en tombe dans les mains farceuses des mauvais lutins, les délicates fleurs font le bonheur des fées, bien plus gentilles."






Le Baobab:




Étymologie :


  • BAOBAB, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. [1592 bahobab « fruit d'Afrique » (Prosper Alpino, De plantis Aegypti liber, Venise, ch. 27 dans R.-P. F.-J. Nicolas, Recherches sur la valeur sém. du mot Baobab dans Notes Africaines, juill. 1955, n°67, p. 77 : Bahobab est fructus magnitudine mali citri cucurbitae similis, intus semina nigra, dura, extremis in unum semiarcum quasi inclinantibus)] ; 1752 baobab (Trév.) − 1771, Trév. ; 2. p. ext. 1757 bahobab « arbre immense de l'Afrique occidentale, qui porte un fruit dit pain-de-singe » (Adanson, Hist. Nat. du Sénégal, etc., Corresp. de l'Ac. Roy. des Sc., p. 54 dans König, p. 28) ; 1775 baobab (Valmont de Bomare, Dict. raisonné universel d'hist. nat., Paris, Brunot, s.v. Pain-de-singe). Empr. à l'ar. bū ḥibab « fruit aux nombreuses graines », étymon. satisfaisant des points de vue morphologique (bahobab, translitération la plus anc.), sém. et géogr. (1re attest. localisée en Égypte), hyp. de R.-P. F.-J. Nicolas, loc. cit. et L.-F. Flutre (v. bbg.).



Autres noms : Adansonia digitata ; Adansonie ; Arbre à l’envers ; Arbre à palabres ; Arbre bouteille ; Arbre de la vie ; Arbre magique ; Arbre pharmacien ; Arbre sens dessus dessous .


Botanique:


Hugues Demeude, dans Les Incroyables Pouvoirs de la Nature (Éditions Arthaud, 2020) nous fait découvrir le lien intime qui existe entre le Baobab et la Chauve-souris :


Chapitre 5 : Sexualité débridée entre le Baboab et les agents pollinisateurs chauves-souris


Le Baobab est un arbre emblématique de l'Afrique de l'Ouest qui occupe une place centrale dans l'imaginaire collectif. Au Sénégal en particulier, où le Baobab le plus large mesure 22 mètres de circonférence, les griots - dépositaires de la tradition orale en Afrique de l'Ouest - se sont longtemps fait enterrer dans le creux des plus anciens arbres pour être protégés par mère nature.



Celui qu'on appelle l'« arbre à l'envers » - comme s'il avait ses racines à la place de ses branches tourmentées - constitue une ressource précieuse pour l'écosystème de savane arborée dans lequel il pousse. Il se gorge d'eau à la saison des pluies et les tissus spongieux de son tronc peuvent retenir jusqu'à 100 000 litres. Cette réserve l'aide à vivre plu de mile ans - un phénomène de longévité ! Elle lui donne la capacité de se remettre d'à peu près tout : incendie, coupe partielle, écorçage. Ce qui en fait un « arbre à merveille » . ou plutôt une plante, comme le voudrait une interprétation hâtive qui avance comme argument que le Baobab a peu de lignine (1) et pas de cerne (2). Mais si on se réfère à la définition de l'arbre selon le botaniste Francis Hallé, le baobab en est bel et bien un spécimen : « Un arbre est une plante à longue durée de vie, possédant un tronc de grande hauteur, autoportant, vertical et de gros diamètre, auquel sa structure et son anatomie confèrent une rigidité suffisante pour élever le feuillage au-dessus des antes concurrentes pour a lumière. » (3)


Les Baobabs sont hélas victimes de leurs extraordinaires pouvoirs, perçus comme autant de bienfaits par les populations locales : les utilisations parfois trop importantes de feuilles durant l'hivernage pour nourrir le bétail, de plantules mangées cuites comme des asperges, de fruits, de pulpe et de graines convoitées pour leurs qualités nutritionnelle et thérapeutiques font peser sur eux une forte pression environnementale.


C'est pourquoi il est vital que les Baobabs assurent leur descendance en cherchant à faire croître leur population. Au Sénégal, la nature a trouvé une réponse astucieuse et inédite sous forme, là aussi, de coévolution : pour éviter toute compétition avec d'autres plantes, ce ne sont pas les abeilles ni les papillons qui pollinisent de jour les fleurs de Baobab, mais un allié totalement dévoué qui agit la nuit : la chauve-souris.


Dès le mois de juin, une fois la saison sèche et la défeuillaison passée, le Baobab se couvre chaque soir de nouvelles fleurs. Cette floraison multiple dure deux mois, avec pour particularité de faire pousser des fleurs blanches qui s'ouvrent à la tombée de la nuit pour ne vivre qu'une seule éclosion. Durant l'unique nuit de ces fleurs, ce sont les nocturnes chauves-souris (Eidolon helvum) qui tiennent le rôle de pollinisateurs.


Ces roussettes vivent durant le jour dans le haut des palmiers à huile qu'elles colonisent. Mais, dès le crépuscule, elles ne résistent pas au pouvoir d'attraction des fleurs de Baobab qui semblent émettre à leur attention des substances nutritives et volatiles dont elles raffolent.


Chaque fleur contient près de mille cinq cents étamines - qui correspondent à l'unité de l'appareil reproducteur male - surmontées de grains de pollen. En étreignant la fleur pour s'en nourrir, l'animal couvre ses poils de pollen qu'il va véhiculer vers les organes femelles des autres fleurs convoitées et ainsi les féconder.


Le Baobab parvient à créer les conditions d'une véritable étreinte entre sa fleur et ce mammifère volant. tout se passe comme s'il réussissait à leurrer les mâles chauves-souris en copiant dans le parfum de ses fleurs le pouvoir attractif des phéromones femelles.


Et, chose extraordinaire, la période de reproduction du Baobab correspond de surcroît à la période de reproduction de la chauve-souris. Encore un exemple de la complexité de l'évolution et de son art combinatoire, capable d'utiliser au mieux des synchronisations, ou de les susciter.


Les fleurs une fois fécondées donnent un gros fruit à l'écorce dure appelé « pain de singe » . Un fruit très riche en vitamine C qui contient les graines du Baobab. Celles-ci peuvent rester viables plusieurs années avant d'être disséminées soit par un gros mammifère, soit par des termites qui auront percé la coque du fruit.


Notes : 1) Une des principales molécules composant le bois des arbres avec la cellulose.


2) Cercles concentriques visibles sur la section du tronc de la plupart des arbres et appelés aussi « anneaux de croissance .


3) Plaidoyer pour l'arbre, Actes Sud, 2005.


Symbolisme :


"On se rencontre, on écoute le griot à l’ombre du baobab : "l’arbre à palabres" est un lieu central dans la vie sociale du village.


Il est un des emblèmes du Sénégal, où il est souvent présent sur les documents administratifs, les logos de sociétés…


Gardien de la vérité, il est utilisé comme "détecteur de mensonges" : lorsqu’une de vos paroles est remise en doute, jurez sous le baobab !


Le baobab est également au cœur de rituels concernant la naissance ou la mort.


Il existe des rituels autour du baobab pour faire venir la pluie ou encore pour qu’une femme qui n’arrive pas à avoir d’enfant tombe enceinte."



Le baobab, qui est un des arbres les plus grands d'Afrique, a de grandes propriétés médicinales, notamment pour les irritations intestinales : lors d'une excursion scientifique au Sénégal le botaniste français Michel Adanson (1727-1806) "dut la jouissance d'une santé inaltérable à la tisane de baobab".


En Angola, on extrait une huile du fruit d baobab destinée aux enfants qu'elle rend robustes. En Afrique occidentale, les graines des fruits entrent dans diverses compositions à but magique (André Mercier, Le baobab. Enquête d'ethnographie botanique. Les missions catholiques, oct-nov. 1943).


Des baobabs peuvent toutefois servir de résidence à des lutins malfaisants qui "se montrent parfois sous forme de vilains êtres noirs" (côte de Tanga, Afrique orientale).



Les baobabs : Les baobabs reconnaissables à leurs troncs gonflés qui peuvent contenir jusqu'à 120 000 litres d'eau - un véritable don du ciel dans les zones arides dans lesquelles ils poussent. Les arbres matures sont souvent creux et procurent un abri. Un baobab d'Afrique du Sud connu sous le nom de "Sunland Baobab" a une circonférence de 47 mètres, et un bar pouvant accueillir jusqu'à 60 personnes a été aménagé dans son tronc creux.


C'est un arbre qui donne la vie, et quand vous êtes assis et que vous bénéficiez de sa protection, vous recevez un message disant qu'il veille sur vous et que vos besoins seront satisfaits. Il aide à élever la fréquence vibratoire du chakra racine des êtres humains.


Les baobabs poussent en Afrique, en Australie et à Madagascar. ils portent des noms différents en fonction de la région concernée :


  • L'arbre de vie, parce que toutes les parties peuvent être utilisées par les humains et les animaux.

  • L'arbre bouteille, parce qu'il ressemble vraiment aux bouteilles.

  • L'arbre pain de singe, car ses grosses coques sont connues sous le nom de pain de singe et sont les fruits préférés des singes qui vivent dans cette région. Ces fruits sont riches en vitamine C.

  • L'arbre à l'envers, car l'arbre n'a pas de feuilles durant la majorité de l'année et ses branches nues ressemblent à des racines qui se dressent dans les airs.

C'est un arbre si inhabituel que des légendes racontent la façon dont il a reçu son nom.


Une histoire nous dit que quand Dieu a créé le monde, il a donné un arbre à chaque animal. Il a donné le baobab à une hyène, qui était tellement stupide qu'elle l'a planté à l'envers !


Un conte africain relate que le baobab n'aimait pas son apparence et que de descendre peu attrayant était pour lui une façon de faire des reproches à Dieu.


Un jour, Dieu en a eu assez. Il l'a soulevé du sol et l'a retourné. Puis, il l'a replanté à l'envers pour que sa bouche soit dans le sol et qu'il ne puisse plus lui faire de reproches.


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES:


  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez le et remerciez le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez lès se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux ensachant que vous avez aidé les arbres

Selon Sophie Ékoué, auteure de Sagesses africaines (Hachette, 2016), le baobab est le "gardien des secrets du monde" :


On raconte au Burkina Faso que Dieu, un jour de colère, lança un arbre sur la terre, cet arbre, c'est le baobab : ce que l'on voit est la racine de l'arbre, la tête est dans le sol !


C'est un arbre étrange car il ressemble à un vieux monsieur qui a l’œil sur tout, qui voit tout, sait tout, accepte et accuse tous les coups de la nature. Son tronc creusé, écorché, avec des trous béants, symbolise la souffrance des hommes.


Pour dire d'un homme qu'il est solide et plein de vécu et de sagesse, on l'appelle un baobab.


Situé au centre du village, il garde une fonction sociale d'arbre à palabres près duquel on aime se réunir pour régler les problèmes communautaires. Dressé entre ciel et terre, il protège les villages et rassure les habitants.


De par sa qualité, le baobab se rattache au symbolisme d'autres arbres sacralisés dans des cultures différentes : le chêne en Europe et au Moyen-Orient, le frêne en Europe du Nord, l'olivier des Grecs et des Romains, le sakaki (Cleyera japonica) des shintoïstes japonais, le sycomore des Égyptiens, le dialan (caïlcédrat) des Peul et des Mandingue, ou l'acacia des francs-maçons.


Le baobab est avec le lion l'un des deux symboles majeurs du Sénégal. Il figure que le sceau qui estampille les actes de l'administration publique de la République. La police sénégalaise l'utilise également dans sa signalétique de corps constitué.


Officiellement, la justification de sa représentation est liée d'une part aux utilisations multiples des différentes parties de sa structure et d'autre part sa fonction sociale d'arbre à palabres.


En Afrique du Sud, a été institué depuis 2002 "The Order of the Baobab" (l'ordre du Baobab), récompensant les services rendus au pays par des individus ; le baobab a été choisi car il est le symbole de l'endurance, de la vitalité. Le baobab est un arbre bienfaisant, mais il peut aussi être regardé comme un symbole inquiétant et pas toujours bénéfique : à Madagascar, on dit que certains baobabs retiendraient des esprits maléfiques qu'ils libéreraient à la nuit tombée.


Symbole présent dans de nombreux mythes africains, il est associé aux mystères des génies, à la grandeur de l'Afrique, de sa culture et de sa pérennité."


Liz Marvin, autrice de Grand Sage comme un Arbre (Michael O’Mara Books Ltd, 2019 ; First Éditions, 2021 pour la traduction française) transmet les messages qu’elle a pu capter en se reconnectant aux arbres :


Tiens toi droit : le Baobab


Si vous avez besoin qu’on vous rappelle de lever le menton et d’être fier de vous, regardez donc le Baobab. Pas moyen de dire cela avec tact, cet arbre a une allure… spéciale. Mais il a d’étonnantes capacités : le Baobab prospère dans les conditions difficiles de la savane africaine. D’autres arbres doivent supporter l’appétit des chèvres et des girafes, mais le Baobab subit les attentions d’éléphants assoiffés qui entament son écorce délicate. C’est sans doute le seul arbre capable de gonfler pour emmagasiner de l’eau, et sa longévité va jusqu’à 2 000 ans. Assez impressionnant pour un arbre qui donne l’impression d’avoir poussé à l’envers.


Arnaud Riou dans L’Oracle du peuple végétal (Guy Trédaniel Editeur, 2020) classe les végétaux en huit familles : les Maîtres, les Guérisseurs, les Révélateurs, les Enseignants, les Nourricières, les Artistes, les Bâtisseurs et les Chamans.


Les Bâtisseurs : le Hêtre, le Peuplier, le Sapin, le Baobab, le Séquoia, l’Acacia, le Platane. Ils peuplent, ils construisent, inspirent l’édification d’une société. Ils en sont le ciment.



Les Bâtisseurs :

Ils font partie du paysage. Ils donnent du relief, créent de la présence. Ils tiennent compagnie et nous ramènent à l’essence même du vivant. Ils abritent les oiseaux, les écureuils, les insectes. Sans eux, il n’y aurait pas de forêts, pas de bois. Les Platanes qui bordent les routes, le grand Chêne qu’on va enlacer, le Hêtre en haut duquel le merle fait son nid, les Sapins, les Baobabs, les Séquoias. Les arbres ont démontré leur intelligence. La science sait désormais ce qu’enseignent les chamans depuis des siècles : les arbres sont capables d’empathie, d’intelligence relationnelle, de solidarité et de mémoire émotionnelle. Ils ont une conscience du tout. Ils interviennent auprès de leurs congénères, ils protègent, alertent, sécurisent, harmonisent, bâtissent. Ils équilibrent et peuplent nos forêts. Ils font partie de notre paysage et méritent de gagner notre respect.



C'est l'arbre à palabres, le grand-père du peuple végétal, l'arbre médecin, le gardien de l'Afrique, le Baobab est tellement rentré dans la légende qu'une encyclopédie ne suffirait pas à vanter ses qualités. Sa présence impose le respect, le sacré, la magie. Il est l'arbre symbolique du Sénégal, et de toute l'Afrique tropicale. Sa stature imposante à l'écorce douce et lisse nous rassure. Son tronc majestueux, qui peut facilement mesurer trente mètres de circonférence, a la forme d'une bouteille. Cet arbre incarne l'intelligence de l'adaptation, la générosité et la sécurité. Un Baobab dans un village sert de point d'ancrage, de point de ralliement, de repère. Vivant dans des pays en proie à la sécheresse, son tronc s'est constitué de tissus gorgés d'eau. Il peut contenir jusqu'à cent mille litres d'eau et survivre aux sècheresses les plus rudes. Le Baobab offre alors son eau aux habitants qui viennent se servir dans son tronc creux. Il est dans certaines régions d'Afrique aménagé comme un réservoir à l'aide d'entonnoirs et de robinets pour subvenir aux besoins du village. Parce qu'il vit facilement jusqu'à deux mille ans, c'est l'arbre du souvenir, de la mémoire et des archives. Certains individus ont plus de six mille ans. Le Baobab rejoint alors par sa sagesse le monde des ancêtres et des arbres Maîtres. Le Baobab conservera ses feuilles une partie de l'année dans les zones qui reçoivent un peu de pluie. Ce sont les Chauves-souris qui vont le polliniser la nuit, car le Baobab s'entend bien avec ces animaux mythiques, qui établissent les liens entre le jour et la nuit, le monde visible et le monde invisible. Le Baobab est un arbre médecin. On utilise ses feuilles, son écorce, ses racines, sa pulpe et ses graines pour réaliser des onguents, des pommades, des tisanes, des poudres médicinales aux bienfaits innombrables. C'est l'arbre pharmacien par excellence. Il est antidiarrhéique et anti-inflammatoire. Ses remèdes contribuent à la guérison des rhumatismes, de l'asthme, de la dysenterie, de la variole, de la rougeole et de l'anémie. il est plus riche que n'importe quel autre de ses frères végétaux en vitamines A, B, C, en antioxydants, en calcium, potassium, fer, manganèse, en fibres, en protéines. Il protège de nombreuses infections, lutte contre la constipation, soigne la peau, fortifie les os, les dents. Le Baobab offre son bois pour le feu, son huile, ses fruits à la cuisine. Il s'offre à la confection de sauces, jus, boissons énergisantes. Il offre ses fibres pour la réalisation d'objets d'artisanat, d'instruments de musique, de pirogues légères, de filets de pêche, de cordages, de tissus et de papiers. Généreux et accueillant, il héberge des colonies d'Abeilles. C'est l'arbre du renouvellement, car son écorce se reproduit au fur et à mesure qu'on la prélève. Le Baobab est un arbre à tronc creux. Certains Baobabs abritent les sépultures des griots. D'autres sont si larges qu'ils servent de prison, d'église ou de salle d'attente. Le Baobab s'est imposé en Afrique comme l'arbre à palabres. Il est alors lié à la vérité, la parole, à la promesse. Les sages et les conteurs racontent aux enfants au pied du Baobab les contes et légendes de l'Afrique. Les contrats peuvent être confirmés au pied de cet arbre Maître. Car donner sa parole au pied du Baobab, c'est donner la promesse d'être fidèle à la vérité et à l'engagement.


Mots-clés :

La maturité - La sagesse - La connaissance - La parole - La vérité - L'engagement - Les contrats - L'oralité - La transmission - La médecine - L'abondance - La cuisine - La nourriture - LA vitalité - L'accueil - La famille - La communauté - Le regroupement - La convivialité -


Le Message du Baobab :

Je suis le Baobab, l'arbre Maître de l'Afrique. C'est à l'ombre de mes branches que l'on vient se poser, se confier ou écouter sa légende. Je souffle aux griots et aux marabouts la légende du monde. Quiconque se posera à mes pieds recevra l'apaisement, la confiance, la paix. C'est sous mon ombrage que les contrats importants sont pris, car en ma présence, chacun tient sa parole, chacun tient son engagement. Je réveille chez quiconque se connecte à mon esprit le sentiment de vérité, d'authenticité. Je révèle la parole vraie. Je fais tomber les masques, les apparences, les politesses et les démagogiques protocoles. Mais je fais cela en douceur, je ne force rien, car mon énergie est si puissante qu'elle n'a pas besoin de cris, d'effets de manche. J'amène simplement chacun à retrouver et à partager sa vérité, car lorsque tu es apaisé et en lien avec avec ta propre vérité, celle-ci devient comme un nectar, quel plus grand plaisir alors peux-tu prendre d'autre que de le partager.


Rituel du Baobab:

Prenez un temps pour vous, pour revenir à ce que vous êtes en essence. Méditez quelques temps sur vos valeurs, sur ce qui vous tient le plus à cœur. Puis, prenez un temps pour vérifier les situations dans lesquelles vous auriez tendance à ne pas oser dire, à cacher la vérité, à la transformer. Prenez le temps de sentir si vous retenez des mots, des informations, des sentiments. Aimeriez vous parler à quelqu'un en tombant le masque ? Si votre cœur est apaisé, alors votre verbe sera vrai. Dans ce rituel, le Baobab vous propose de parler, de raconter une histoire à vos enfants, de parler de vous à votre compagnon, de dire quelques mots à vos amis. Bien sûr, cela vous arrive toute la journée. Mais pour ce rituel, avant de prendre la parole, prenez le temps de vous poser, de vous enraciner, puis appelez l'esprit du Baobab. Visualisez vous assis à ses pieds, prenez le temps de vous sentir accompagné, soutenu, vous verrez, le Baobab est d'un grand support pour fluidifier votre parole. Si vos portez un secret de famille, c'est le moment de le déposer. Une fois enraciné et soutenu par le Baobab, utilisez votre parole comme un baume. Que vous racontiez une histoire, que vous mettiez les choses au clair avec un proche, sentez toujours l'énergie forte et rassurante du Baobab dans votre dos. Vos mots, votre parole et votre verbe retrouveront alors leur puissance et la clarté des origines.



Le Pêcher:




Botanique :


Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), brosse le portrait de la Pêche :

Le pêcher est originaire de Chine, où prêtres, poètes et sculpteurs en firent un symbole de l'immortalité, qu'il éternisât la vie pour les uns ou qu'il empêchât le corps de se corrompre pour les autres. Le pêcher est à l'estampe japonaise : un emblème de la plus pure beauté. Ténus et évanescents, les pêchers illustrent, de leurs fleurs délicatement rosées, miniatures, aquarelles et objets d'art chinois.

La pêche fut cultivée en Perse dont on l'a d'abord crue originaire, comme le rappelle sa dénomination latine, Prunus persica. Elle fut introduite en Italie sous le règne d'Auguste. Puis elle connut la vindicte des naturalistes romains, de Pline et de Galien en particulier ; il est vrai qu'à l'époque les pêches étaient plus riches en eau qu'en saveur. Venance Fortunat, poète italien du VIe siècle, « goinfre fieffé et redoutable pique-assiette », mentionne à la fin d'un repas offert par un riche habitant de Soissons , « ces doux fruits que le vulgaire appelle les pêches ». La pêche est ensuite signalée dans le capitulaire De Villis de Charlemagne.

Sous le règne de Louis XIV, on comptait déjà trente-trois variétés de pêches, dont La Quintinie établit la liste. Celui-ci cultivait les pêchers en espaliers, appuyés à des murs blancs qui reflétaient la chaleur solaire, selon une technique récemment redécouverte, elle aussi d'origine chinoise. Louis XIV raffolait des pêches et ses successeurs héritèrent de cette prédilection.

Henri Leclerc rapporte une anecdote concernant Louis XVIII qui tenait lui aussi les pêches en grande estime : « Un matin, Saturnin, jardinier de Louis XVIII, confie à son enfant deux pêches magnifiques, dessert attendu du roi ; l'enfant met soigneusement les fruits dans un panier et les porte à Sa Majesté. A la vue de ces pêches sans pareilles, Louis XVII, voulant louer l'enfant, le fait venir, le fait asseoir et, séance tenante, savoure avec délices la plus belle des deux pêches. Quelle volupté ! Le fruit est d'une suavité incomparable, et l'enfant est futé, mutin, charmant : "Petit, lui dit le roi, tu me plais : prends cette seconde pêche et monde-là. - Volontiers", fait le gamin, ravi. Et, tirant de sa poche un couteau rustique, il se met à peler délicatement le fruit que le roi lui a donné : "Malheureux ! s'écrie Louis XVIII en saisissant de sa main gonflée par la goutte la main de l'enfant. Tu ne sais donc pas, petit sot, qu'une pêche ne se pèle jamais ? - Je vais vous dire, raconte tranquillement l'enfant : en route, j'ai laissé tomber mon panier en cueillant des mûres et les pêches ont roulé dans la crotte". »,

Parmi les diverses variétés de pêches figuraient, à l'époque du Roi-Soleil, la belle de Vitry et la belle de Chevreuse. Ces dénominations nous rappellent que les cultures fruitières se développaient alors dans la région parisienne, avant que la croissance de la métropole ne vînt remplacer arbres et vergers par des tours de béton et des cités-dortoirs. De surcroît, les anciens vergers d'Île-de-France eurent à subir la concurrence de ceux du Midi et de ceux, encore plus éloignés, d'Espagne ou d'Italie du jour où le chemin de fer permit le transport rapide de ces fruits fragiles.

Les multiples variétés de pêches se différentient par trois caractères : la peau plus ou moins veloutée ou plus ou moins lisse, comme c'est le cas pour la nectarine et le brugnon, hybride du pêcher et du prunier ; la couleur de la chair, rouge chez les pêches dites de vigne (la seule variété cultivée qui soit apte à se reproduire aisément à partir du noyau, le pêcher étant communément greffé sur amandier ou sur prunier) ; blanche chez la plupart des espèces, mais jaune chez les pêches abricots dont les variétés pavies sont le plus fréquemment cultivées aujourd'hui ; chez ces variétés, la chair adhère au noyau, ce qui est le cas également du brugnon, mais non de la nectarine ; c'est là en effet le troisième caractère distinguant les diverses variétés de pêches.

Si, autrefois, la pêche fut facilement dénoncée comme un fruit suspect, sans doute à cause de sa propension à pourrir très rapidement, les hygiénistes se sont toujours accordés pour en conseiller l'usage aux dyspeptiques. En effet, en raison de sa faible acidité, de sa faible teneur en sucre, du moelleux de sa chair, elle est l'un des fruits les mieux tolérés par l'estomac. Mais si les Anciens se méfiaient des fruits du pêcher, ils faisaient en revanche grand cas de ses feuilles et des es fleurs. Henri Leclerc nous rappelle que « le sirop de fleurs de pêcher était un des rares purgatifs qui trouvât grâce aux yeux de Gui Patin, dot on sait que l'arsenal thérapeutique se réduisait ordinairement au séné, au son et à la saignée, ces trois "S" avec lesquels Théophraste Renaudot l'accusait charitablement d'envoyer ses malades dans un monde meilleur... »

Les fleurs et feuilles du pêcher, tout comme les noyaux - de même, d'ailleurs, que les noyaux de la plupart des Prunus -, contiennent des traces d'acide cyanhydrique, encore qualifié d'acide prussique, car il est apparenté chimiquement au bleu de Prusse. On en fit jadis des remèdes sédatifs et on conseillait à bon droit le sirop de fleurs de pêcher dans le traitement de la coqueluche : en l'espèce, il répond à une double indication en jouant simultanément le rôle d'un calmant et d'un laxatif, tout en soustrayant les jeunes malades aux débauches médicamenteuses dont les accable trop souvent la sollicitude de leur entourage.

La pêche est également un fruit efficace contre la constipation ; mais, trop verte u trop mûre, elle peut provoquer des diarrhées. Il convient donc de choisir des pêches à point. On trouve en outre dans la pêche un grand nombre d'oligo-éléments, mais assez peu de vitamines.

S'il est en Chine un symbole d'immortalité, le pêcher lui-même ne bat aucun record de longévité : on lui donne au plus quinze ans d'espérance moyenne de vie.


Symbolisme :

D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),

PECHER. — D’après une superstition populaire sicilienne, celui qui a le goître et qui, la nuit de la Saint-Jean ou de l’Ascension, mange une pêche, en guérit sans faute, à condition que le pêcher à l’instant même périsse ; on pense que le pêcher, en mourant, prend le goître sur lui, et en délivre celui qui a le malheur d’en être affligé. Dans la Lomelline (Haute-Italie), on cache soigneusement les feuilles du pêcher sous la terre, où elles pourrissent : elles aident à la guérison des boutons qui se forment sur les mains, dits poireaux.


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles, (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),

"Le pêcher en fleur est en raison de sa floraison précoce, un symbole du printemps. La Chine en fait simultanément, et pour la même raison de renouvellement et de fécondité, un emblème du mariage. Les fêtes célébrées au Japon en l'honneur des fleurs de pêcher (Momo) semblent y ajouter la double notion de pureté et de fidélité : la fleur de pêcher symbolise la virginité.

Le fruit se rattache en revanche au mythe d'Izanagi qui, grâce à lui, se protégea du tonnerre. Il possède un rôle de protection contre les influences mauvaises, une valeur d'exorcisme, qu'on retrouve très nettement en Chine. L'exorcisme est pratiqué à l'aide d'u bâton de pêcher, peut-être parce que Yi-l'Archer fut tué par un tel bâton, lequel est une arme royale. Au nouvel an, des figurines en bois de pêcher sont placées au-dessus des portes pour éliminer les influences perverses.

Souvent, le pêcher - et la pêche - sont des symboles d'immortalité. Le pêcher de la Siwang mou, la Royale Mère de l'Ouest, produit tous les trois mille ans des pêches qui confèrent l'immortalité. Les Immortels se nourrissent de fleurs de pêcher (et de prunier) ou, comme Koyeou, des pêches du Mont Souei. La sève du pêcher, rapporte le Pao-p'ou tseu, rend le corps lumineux. La pêche apporte mille printemps, assure l'iconographie populaire.

Les légendes des sociétés secrètes chinoises reprennent symboliquement le thème historique du Serment du Jardin des Pêchers. Or certaines versions en font un Jardin d'Immortalité, sorte d'Eden de la nouvelle naissance, ce qui identifie le pêcher à L'Arbre de Vie du Paradis terrestre, aboutissement ici du voyage initiatique.


On ajoutera que la vue des fleurs de pêcher fut la cause de l'Illumination du moine Ling-yun, c'est-à-dire qu'elle produisit spontanément son retour au centre, à l'état édénique.

D'après le Livre des monts et des mers, petit ouvrage de géographie mythologique, composé vers le IIIe siècle avant notre ère, il y avait un pêcher colossal, avec un tronc de 3000 lis de tour (environ 1500 mètres), dans les branches duquel s'ouvrait La Porte des Revenants. Les gardiens de cette porte étaient chargés de saisir les revenants malfaisant et de les donner en pâture aux tigres, car les tigres ne se repaissent que d'individus tarés. C'est le fameux empereur Houang-Ti, qui eut l'idée de ne plus utiliser de gardiens, mais de suspendre tout simplement leur effigie en bois de pêcher sur les portes. C'est également en bois de pêcher que l'on fabrique les pinceaux de divination, le Ki-Pi, sorte de fourche laquée de rouge dont les mouvements, en dessinant les caractères, rendent l'oracle."


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Pêcher (Prunus persica) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Pouvoirs : Fécondité ; Sagesse ; Longévité.


Utilisation magique : Manger des pêches rend amoureux et sage en même temps, ce qui est assez exceptionnel : ne dit-on pas plutôt que « l'amour rend fol », alors que la sagesse échoit au contraire aux tempérants, aux abstinents. Telle est pourtant la tradition anglo-saxonne attachée à ce fruit – tradition qu'ont longtemps observée les jeunes Anglaises et Américaines en s'empressant de servir à l'homme qu'elles convoitaient d'appétissantes compotes ou de croustillantes tartes aux pêches...

Porter sur soi une boule de « sang » qui perle en été sur l'écorce des vieux Pêchers assure une vieillesse vigoureuse, préservée de la sénilité comme des maladies.

En Chine, autrefois, les branches de cet arbre fruitier étaient utilisées pour chasser les mauvais esprits et expulser les maladies qui avaient réussi à pénétrer dans le corps d'un humain ou d'un animal. Dans beaucoup de provinces du centre, les petits enfants, comme les animaux domestiques du village, portaient à leur cou un noyau de pêche enfilé sur un cordon.

L'amande qui se trouve à l'intérieur du noyau était pilée; et le lait recueilli servait aux rites de désensorcellement. Pour les Japonais, le Pêcher est un arbre fécondant. Son bois fait de très bonnes baguettes de divination.


Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à la subtilité de l'art des fleurs.


Au Japon, "Chaque fête populaire est en même temps une fête de fleur. Au nouvel an, c'est le pin et le prunier qui sont à l'honneur. Au mois de mars ce sont les fleurs de pêcher, symboles de la virginité. Alors les jeunes filles disposent leurs poupées sur une ou plusieurs étagères décorées de branches fleuries.


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


En Provence, les noyau des pêches bénies à la fête de Saint-Césaire protègent du malheur et guérissent les fièvres. On croit d'ailleurs que le pêcher par sa seule présence a un pouvoir bénéfique sur l'état fébrile. les Marseillais recommandent aux malades de sommeiller sous cert arbre pendant deux ou trois heures, le dos bien appuyé au tronc. En Sicile, manger une pêche ou mordre dans l'écorce de l'arbre qui la porte, la nuit de la Saint-Jean ou de l'Ascension, guérit du goitre mais ces procédés provoquent la mort du pêcher. Les Italiens se débarrassent des verrues en enfouissant des feuilles de pêcher dans le sol.


Pour les Anglo-Saxons, manger des pêches rend amoureux - d'où la « tradition qu'ont longtemps observée les jeunes Anglaises et Américaines [...] de servir à l'homme qu'elles convoitaient d'appétissantes compotes et de croustillantes tartes aux pêches » - et sage à la fois. Pour vieillir en bonne santé tout en conservant un esprit alerte, les Anglo-Saxons recommandent de porter sur soi « une boule de "sang" qui perle en été sur l'écorce des vieux pêchers ». Le bois de pêcher fait d'excellentes baguettes divinatoires. Pour obtenir un pêcher dont tous les fruits porteraient en leur noyau le nom d'une personne, il fait, selon une vieille recette, mettre en terre le noyau d'une pêche quelconque, l'y laisser jusqu'à ce qu'il s'ouvre à moitié (si ou sept jours) ;puis on écrit son nom avec du cinabre, on referme le noyau qui reprend sa place dans le sol et on attend que l'arbre aux « noyaux merveilleux » pousse. Cette recette est valable également pour l'amandier et l'amande.

Au Japon, où la fleur de pêcher figure la virginité, la pêche protège des influences démoniaques ; et en Chine, où le pêcher en leur symbolise fécondité et mariage, on exorcise avec un bâton de pêcher. Le bois de cet arbre fruitier y sert aussi à fabriquer des figurines placées au-dessus des portes au nouvel an pour éloigner les mauvaises influences et à fabriquer des berceaux car il assure la longévité.

Pour finir, signalons que, selon de vieux grimoires, les noyaux de pêche peuvent servir à la fabrication d'une « encre pour noter les sommes qu'on prendra dans les trésors cachées et pour en demander de plus fortes à Lucifuge dans les nouveaux besoins ». Voilà comment il faut s'y prendre :

Prenez des noyaux de pêche sans en ôter les amandes, mettez lès dans le feu pour les réduire en charbons bien brûlés ; alors retirez lès, et, lorsqu'ils sont bien noirs, prenez en une partie, que vous mêlerez avec autant de noir de fumée ; ajoutez y deux parties de noix de galle concassées ; faites dans l'huile desséchée de gomme arabique quatre parties ; que le tout soit mis en poudre très fine et passée par le tamis. Mettez cette poudre dans de l'eau de rivière. Il est inutile de faire remarquer que tous les objets décrits ci-dessus doivent être absolument neufs.


D'après​ Le Livre des symboles, réflexions sur des images archétypales (2010) dirigé par Ami Ronnberg et Kathleen Martin, avec le concours des auteurs de ARAS,


"Une vierge de jade tient un plateau chargé de succulentes pêches roses préparées pour la déesse. Celle qui s'apprête à déguster ces fruits extraordinaires est Xiwangmu, la reine-mère d'Occident. Ils ont mis 3 000 ans à mûrir, car ce sont des pêches d'immortalité (Little). Maintenant qu'elles ont été cueillies, Xiwangmu invite les autres dieux taoïstes à une fête où ils pourront manger les fruits de cette récolte miraculeuse (Eberhard).

Le pêcher de Xiwangmu pousse dans le jardin de son palais situé dans le paradis chinois du Mont Kunlun (Little). Faisant trois mille lieues d'envergure, ses branches enchevêtrées grimpent jusqu'au ciel et servent d'échelle aux dieux pour aller et venir entre la terre et les cieux. Outre le fait d'être protégé par des gardiens divins, le bois du pêcher contient du ling, la force spirituelle, et protège donc des mauvais esprits (Birelle, Leach).

Le symbolisme de la pêche est varié, conjuguant le sensuel et l'ésotérique, l'humain et le divin. En apparence et en goût, la pêche suggère une abondance juteuse à la fois naturelle et sacrée. Fleurissant au début du printemps, le pêcher annonce avec certitude la régénération de la nature. Tant en Occident qu'en Orient, la pêche, avec ses formes rondes et son sillon, est associée depuis longtemps au sexe féminin et au principe féminin de fécondité et de renouveau (Stevens). Ne dit-on pas des femmes qui ont bonne mine et une peau saine qu'elles ont "un teint de pêche" ? Le Printemps de la fleur de pêcher Deux mythes, l'un chinois l'autre japonais, établissent poétiquement le rapprochement entre la pêche et le renouveau de la vie. Le premier, , parle d'une profonde grotte au fond de laquelle on accède à un monde enchanté au-delà de la vie mortelle (Eberhard). Dans le second, Le Petit Garçon pêche, un couple sans enfant trouve une grosse pêche flottant dans un ruisseau. En la fendant, ils découvrent à l'intérieur un minuscule garçon, Momotar, ou "garçon-pêche". En grandissant, celui-ci devient un héros et récupère un trésor volé par une bande de démons (Pigott).

Les pêches ne sont pas uniquement des fruits magiques et la nourriture des Immortels, elles touchent également les vies ordinaires. Shou-Lo, un vieillard barbu représenté sortant d'une pêche, est le dieu chinois de la longévité. Cette promesse est célébrée par une soupe spéciale consommée en Chine le premier jour de l'an (Leach).

On raconte que lorsqu'une âme mange un fruit du pêcher sacré, elle jouit de trois mille ans de bonne santé. Mais chaque fois que nous mordons dans la chair juteuse d'une pêche, nous n'avons pas besoin de jardin divin ni d'entrevoir l'éternité. Tandis que nous perçons sa surface duveteuse et que notre palais est envahi par sa riche saveur sucrée, nous sommes de plain pied dans le présent et goûtons à notre propre petit paradis."


Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Pêcher (Prunus persica) :

"C'est un arbre que l'on cultive un peu partout dans le monde pour ses fruits splendides et d'un goût délectable.


Propriétés médicinales : Les feuilles de cet arbre, prises en infusion, accroîtront le flot urinaire. cette infusion a aussi un effet calmant sur le stress et la nervosité. Prises en décoction, ses feuilles agissent comme un expectorant utilisé dans les cas de bronchites chroniques et de congestion pulmonaire.


Une infusion des feuilles est également recommandée pour enrayer les nausées et les vomissements qui surviennent au cours d'une grossesse. Petite précaution : attention, une trop grande utilisation de cette plante en tisane pourrait avoir des effets purgatifs.


Genre : Féminin.

Déités : Aphrodite ; Vénus ; Perséphone.

Propriétés magiques : Amour ; Fertilité ; Santé ; Concrétisation de ses rêves


SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS:


  • La tradition veut que les pêches provoquent le sentiment amoureux chez ceux et celles qui en mangent.

  • En Asie, on utilise les branches de cet arbre pour chasser les mauvais esprits et on suspend un noyau de pêche au cou des enfants afin d'éloigner le mauvais sort.

RITUEL POUR CONCRÉTISER UN RÊVE OU UN SOUHAIT:


Ce sortilège doit être pratiqué pendant sept jours consécutifs, durant le cycle croissant de la lune (idéalement, vous pouvez l'achever le soir de la pleine lune). Chaque soir, vous devez vous concentrer sur le même rêve ou le même souhait.


Ce dont vous avez besoin :

sept chandelles de couleur pêche

  • de l'encens de pêche

  • sept noyaux de pêche séchés

  • un pot de verre

  • un morceau de papier de couleur pêche.

Rituel : Allumez votre chandelle (une nouvelle chaque soir) et votre encens, puis inscrivez votre souhait sur le morceau de papier et glissez les dans le pot de verre. Placez y ensuite un noyau de pêche en disant :


Perséphone, j'invoque ton aide

Voici mon désir, fais qu'il se réalise

Je te prie de m'accorder cette faveur

Je t'honore et invoque ta présence


Répétez ce rituel pendant sept soirs ; ajoutez un nouveau noyau chaque fois. A la fin, scellez le pot avec de la cire couleur pêche et allez l'enterrer pour que votre souhait se réalise."


Viens à mon aide sans tarder.


Les Enseignants : Chaque pépin, chaque noyau planté dans le sol a le potentiel de donner naissance à un arbre. Chaque arbre donnera des milliers de fruits. Chaque fruit nous nourrira, car le pouvoir des arbres fruitiers est infini. Abricotier, Pommier, Cerisier, Figuier, les arbres fruitiers donnent en abondance, parce que c’est leur nature. Un Enseignant transmet par son exemple. A le regarder vivre, il est inspirant. L’Enseignant est généreux de ce qu’il offre, c’est pourquoi on retrouve tant d’arbres fruitiers dans cette famille. L’arbre ne se préoccupe pas que nous cueillions ses fruits pour en faire des tartes, de la confiture ou des salades. L’Enseignant enseigne parce que c’est sa nature. Il offre car il aime offrir. Il nous apprend ainsi la nature de la générosité : offrir sans rien attendre en retour, enseigner non pas pour se faire valoir, mais enseigner pour mieux comprendre soi-même et transmettre généreusement, offrir en se préparant à recevoir davantage, offrir parce que c’est notre nature.


Le Pêcher est un arbre fruitier rustique, c'est-à-dire qu'il peut s'épanouir même à des températures en dessous de zéro. Pour autant, il préfère les climats chauds et tempérés pour réchauffer ses fruits. Le Pêcher se plaira dans une terre aérée, drainée, légère et riche en matières organiques. On plante l'arbre de préférence lors de belles journées d'automne. Avec des soins attentifs, l'arbre atteindra rapidement les trois à cinq mètres de sa taille adulte et offrira ses fruits dès la cinquième année. Cet arbre fruitier est très social et aime qu'on s'occupe de lui. Après avoir offert ses fruits, il apprécie qu'on le taille, qu'on élimine ses branches mortes ou fragiles à la fin de l'hiver, qu'on le couve de bouillie bordelaise pour le prémunir des maladies. Il aime qu'on nourrisse son terreau de fumier, d'engrais et de paillis et qu'on l'arrose régulièrement aux journées chaudes de l'été en fin de journée, lorsque le Soleil ne craint plus de brûler ses racines. Comme tous les fruits, la Pêche est un trésor pour la santé. Elle est riche en antioxydants, en fibres, en vitamines C, E, en cuivre, en fer. Elle stimule le transit intestinal. Dès lors qu'elle est bio, elle se consomme avec la peau pour bénéficier de tous ses trésors de santé. La Pêche réduit le risque de maladies cardiovasculaires er de certains cancers. Elle a des effets bénéfiques sur la vue et freine les affections de l'œil, telles que les cataractes. Elle limite le vieillissement des cellules. On trouve des sources de l'origine du Pêcher en Perse, comme on en trouve en Chine où sa culture existait déjà il y a quatre mille ans. Le Pêcher voyage du Proche-Orient à l'Italie, au bassin méditerranéen et au midi de la France. Au Moyen Âge, le Pêcher n'est pas populaire, mais il est reconnu pour ses vertus médicinales. On se concentre sur ses feuilles, son écorce et sur son mande, mais le fruit est délaissé. On peut imaginer que les Pêches d'alors n'avaient pas les qualités gustatives qu'elles ont acquises aujourd'hui. Le Pêcher se métamorphose au fil des siècles, qui feront évoluer ses différentes variétés. Petit à petit, à force d'évolution, le Pêcher a amélioré ses fruits, les a rendus moins amers, plus sucrés. Il a rendu sa chair plus généreuse et son fruit plus goûteux. En Chine, le Pêcher occupe une place particulière. Sa force symbolique l'associe à la longévité. Il poussait dans les jardins sacrés et offrait ses fruits d'immortalité tous les mille ans. La fleur de Pêcher et son fruit décorent les vases de la vaisselle de l'Empire. Au Japon, la fleur de Pêcher est associée au mariage, à la virginité et à la fidélité. Peut-être est-ce la couleur diaphane des fleurs de Pêcher qui rappellent le teint des jeunes femmes. Pour le Nouvel An chinois, il est d'usage de déposer des branches de Pêcher devant sa porte pour écarter les mauvais esprits et attirer protection et fidélité sur sa maison. Par sa symbolique et son pouvoir magnétique, le Pêcher est un symbole largement utilisé en feng-shui pour asseoir les bases énergétiques de l'habitat. Si son fruit est raffiné et délicieux, c'est qu'il a su s'améliorer au fil des siècles. Le Pêcher reste un pilier du verger et un symbole aussi délicat que précieux à la santé, la longévité et la vie.


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